La génération Z dit non au poste de chef de rayon classique

L’ambition ne recule pas chez les jeunes : c’est le modèle actuel de management, synonyme d'épuisement, qu’ils refusent en bloc.
La génération Z dit non au poste de chef de rayon classique

Dans beaucoup de magasins, l'offre d'emploi reste en ligne plusieurs semaines. Le problème n'est pas le vivier : les employés sont là, formés, capables de prendre des responsabilités. Le problème, c'est que de moins en moins d'entre eux veulent du poste tel qu'il existe encore aujourd'hui. Le chef de rayon, longtemps première marche obligatoire d'une carrière en grande distribution, ne fait plus automatiquement rêver les vingtenaires.

Une étude vient poser des chiffres sur une intuition que beaucoup de directeurs de magasin ressentent depuis deux ou trois ans. L'enquête Gen Z and Millennial 2026 de Deloitte, menée auprès de 22 595 personnes dans 44 pays, montre que seuls 6% des membres de la génération Z et de la génération Y citent l'accès à un poste de direction comme objectif professionnel prioritaire.

Ce chiffre se lit mal si on le prend pour de la paresse. Il faut regarder les freins que les répondants nomment eux-mêmes. La moitié évoque le stress et le burn-out, la moitié évoque une charge de responsabilités jugée excessive, et près de la moitié pointe l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Autrement dit, ce n'est pas la fonction qui rebute, c'est le coût personnel qu'elle suppose dans sa forme actuelle.

La nuance est importante, parce qu'au même moment 76% des Z et 67% des Y se disent intéressés par un poste de direction ou d'encadrement à un moment de leur carrière. Ce n'est donc pas l'ambition qui recule, c'est le prix à payer pour l'exercer qui est jugé trop élevé. La génération qui arrive ne refuse pas de progresser. Elle refuse un modèle de progression qui passe par l'épuisement.

Le poste concentre ce que cette génération fuit

Quand on superpose les irritants relevés par Deloitte et la réalité du rayon, la mécanique saute aux yeux.

Le premier facteur de stress cité, tous profils confondus, ce sont les horaires longs : 51 % chez les Z, 48 % chez les Y. Or le chef de rayon reste l'un des postes les plus exposés sur ce terrain. Prise de poste avant l'ouverture, mises en rayon, gestion des pics, ouvertures dominicales selon les enseignes, présence sur les périodes commerciales fortes au moment précis où les autres profitent de leurs week-ends. Le poste demande une disponibilité que cette génération n'est plus prête à signer par défaut.

Le deuxième facteur de stress, c'est le manque de reconnaissance : 47% des Z comme des Y disent ne pas être reconnus à la hauteur de leur travail. C'est un point sensible pour une fonction où l'on porte le compte d'exploitation d'un rayon, les marges, les commandes, le merchandising et une équipe, souvent pour une rétribution et une visibilité qui ne suivent pas la charge.

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