D'ici 2030, 75% de la population active sera composée des générations Y et Z. Pour Philippe Rovira, ancien cadre de la grande distribution devenu formateur et auteur, ce basculement démographique est un défi que beaucoup de managers n'ont pas encore pris la mesure. Les demandes de formation sur le management de la nouvelle génération explosent, tout comme celles sur l'absentéisme et le turnover. Comment comprendre, motiver et fidéliser ces jeunes salariés ? Éléments de réponse dans cette série de podcast avec notre invité.
Sortir de sa propre grille générationnelle
Le premier obstacle, c'est le manager lui-même. « Si je reste avec ma vision de la génération X, mon rapport au travail, mon rapport à la hiérarchie, je ne vais pas les comprendre et ils ne vont pas me comprendre. » Philippe Rovira illustre par un exemple vécu en recrutement. Un cadre, au terme d'un entretien réussi, lui annonce avant même d'avoir commencé qu'il aura besoin d'un jeudi, vendredi, samedi trois semaines plus tard. La tentation, avec une lecture « ancienne génération », serait de rejeter le profil. Ce serait une erreur. « Si j'avais raisonné avec ma vision X, je ne l'aurais pas pris, en me disant qu'il pense vacances avant même de travailler. Mais si je m'inscris dans cette vision-là, je passe à côté de mon profil. »
La clé tient en une formule. « On ne manage pas un X comme on manage un Z. Le style, la posture managériale doivent être totalement différents. » Et la difficulté est démultipliée par la coexistence de quatre générations. « Dans ton équipe, tu vas avoir les Baby Boomers, X, Y et Z. Comment créer du lien, de la cohésion, faire en sorte qu'ils travaillent ensemble ? Ça fait partie des responsabilités du manager aujourd'hui. »

La performance sociale avant la performance commerciale
Interrogé sur les indicateurs, Philippe Rovira propose une approche fine, presque chirurgicale. Suivre le taux d'absentéisme et de turnover par génération pour mesurer la capacité réelle du manager à fidéliser les plus jeunes. « J'analyserais le taux d'absentéisme ou de turnover sur la génération Z pour voir si le manager a été en capacité de la motiver par rapport à d'autres générations. » Autre KPI clé selon lui : la communication, avec au minimum une réunion mensuelle par rayon.
