« La grande distribution, c'est un formidable accélérateur de croissance » : Franck Bonfils, 21 km de linéaire et 85 M€ plus tard

Patron discret d'une entreprise à 85 millions d'euros de chiffre d'affaires, Franck Bonfils sort de l'ombre pour inventer une vraie marque. Rencontre avec un leader du vrac qui a longtemps vendu 25 kilos de produits par minute sans que personne ne connaisse son nom.
« La grande distribution, c'est un formidable accélérateur de croissance » : Franck Bonfils, 21 km de linéaire et 85 M€ plus tard

Il y a des entrepreneurs que la grande distribution a forgés dans le silence. Franck Bonfils, fondateur de ce qui s'appelait Juste Bio, puis Manger Juste, et qui s'appelle désormais Yoonuts, est de ceux-là. Parti d'une cuisine familiale en 2000 avec ses parents, ils faisaient des cacahuètes, il faisait du porte-à-porte dans les magasins, il a bâti en 25 ans un empire discret : 21 kilomètres de linéaire dans plus de 5 000 points de vente, 300 000 trémies installées en France, 200 personnes sur le terrain. « J'ai commencé par le bas, par le carrelage, avant de remonter vers le national », dit-il. Une méthode qu'il conseille encore aujourd'hui à toute PME qui veut percer en grande surface.

Le bilan 2025 donne le vertige : plus de 20% de croissance, 85 millions d'euros de chiffre d'affaires, 150 collaborateurs. Pas mal pour une marque que « tout le monde connaissait sans connaître son nom ».

Le bio a chuté, Yoonuts a tenu

Le marché du bio a traversé plusieurs années de décroissance sévère depuis 2020. La demande s'est contractée, les enseignes ont revu leurs assortiments, et nombre d'acteurs ont décroché. Franck ne minimise pas la passe difficile : « On a connu une période plus difficile pour le bio, mais on s'est montrés extrêmement résilients. » Sa lecture est lucide et sans fard : « Le bio est reparti, même si le marché est tombé très bas. Et nous, on continue de surperformer par rapport au marché. »

La clé de cette résistance tient à son positionnement sur le vrac, avec une base de consommateurs structurellement plus engagés que la moyenne. Contrairement aux idées reçues, ce consommateur n'est pas le CSP+ quinquagénaire d'antan. Les études menées par Yoonuts révèlent un profil transgénérationnel, avec une présence croissante des jeunes, portés par une exigence alimentaire que notre invité résume ainsi : « Pour eux, en vrac, le bio c'est un prérequis. » L'argument prix joue aussi : le vrac bio se vend quasiment au prix du conventionnel en sachet, ce qui en fait une valeur refuge même en période d'arbitrages budgétaires.

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