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6 questions à se poser avant de se lancer dans le Cool Roofing (action de peindre ses toits en blanc)

Voici un article pour éclaircir le sujet du Cool Roofing. Vous allez y réfléchir à deux fois avant de peindre votre toit en blanc. Explications.

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Nous avons récemment partagé un article concernant le Cool Roofing. Cette technique qui consiste à peindre tout ou partie de son toit en blanc permet de rafraîchir la température intérieure des bâtiments (comme les centres commerciaux) lors des fortes chaleurs et de réduire très sensiblement sa facture énergétique.

La solution est largement répandue aux États-Unis, notamment au sein de l’enseigne Walmart ou encore Ikea.

En France, la solution est arrivée aux alentours des années 2015.

Toutefois, derrière une technique qui semble simple en apparence, il y a pas mal d’idées reçues à relever. On fait le tour des questions que vous vous posez peut-être avant de vous lancer dans la peinture réflective.

Quelles économies peut-on réaliser avec la peinture cool roof ?

Si les températures continuent de grimper lors des étés, alors la peinture Cool Roof est promise à un bel avenir. La peinture blanche a fait ses preuves dans son pouvoir réflectif, c’est-à-dire sa capacité de repousser les rayons du soleil.

Selon nos recherches, le Cool Roofing permet de réduire de 10 à 30% sa consommation d’énergie, un chiffre significatif qui permet notamment de ne pas surconsommer la climatisation lors de fortes chaleurs.

Le marché n’est pas (encore) pleinement contrôlée

Il y a encore un manque de contrôle sur cette technique en France. Si vous êtes tentés par cette solution, vous pouvez vous assurer que l’entreprise installe un système éligible aux critères du certificat d’économie d’énergie(CEE) des revêtements réflectifs en toiture et plus particulièrement la fiche d’opération standardisée BAT-EN-112.

Pour y prétendre, les entreprises doivent, depuis le 31 juillet 2021, répondre à un cahier des charges précis ; tout est expliqué notamment ici sur le site du Ministère de la Transition Écologique.

Ainsi, on y apprend que l’Indice de Réflectance Solaire (SRI) doit être supérieur à 100 à l’état neuf et supérieur à 90 à l’état vieilli, soit 20 ans après son application, ou après 4000 heures de vieillissement artificiel aux UV.

Choisir un prestataire éligible à ce dispositif CEE vous assure un système à haute réflectivité solaire, critère indispensable pour assurer l’efficacité thermique.

Attention à l’entretien (et aux mauvaises surprises)

Le seul critère d’éligibilité au dispositif CEE ne suffit pas à garantir une bonne durabilité de la peinture. En effet, la grande majorité des peintures ont tendance à s’encrasser sous l’effet des pollutions atmosphériques, des poussières, des mousses et lichens… ce phénomène naturel de vieillissement altère les propriétés du revêtement, notamment la capacité à renvoyer la chaleur. Il faudra donc prévoir une rénovation assez fréquente.

Ce phénomène de dégradation naturel des peintures n’est pas évalué par le dispositif CEE.

Cependant il existe des systèmes sur le marché qui proposent l’application d’un top coat (= couche de finition) conçu pour limiter fortement ce phénomène de vieillissement, d’encrassement, de la peinture et donc augmenter sa durée de vie. L’application du top coat permettrait d’atteindre une durée de vie de 20 ans avec peu d’entretien, tandis qu’un système classique devra être totalement renouvelé tous les 5 à 10 ans.

À noter que certaines peintures sur le marché intègrent directement cette solution Top Coat.

Le Cool Roofing concerne uniquement les bâtiments tertiaires à usage commercial

Pour le moment, seules les surfaces commerciales équipées de systèmes de climatisation sont concernées par le dispositif CEE de la BAT-EN-112 car il s’agit de structures très énergivores en termes de climatisation.

Toutefois nous avons constaté que le Cool Roofing est appliqué dans de nombreux secteurs d’activité qui recherchent des solutions de rafraichissement des locaux. C’est un moyen simple de se protéger de la chaleur sans consommer d’énergie (les gains sont de 2 à 10°C selon les bâtiments).

Il y a plusieurs manières de faire du Cool Roofing

Étonnant, le cool roofing ne consiste pas seulement à appliquer une peinture blanche sur le toit d’une grande surface.

Plusieurs procédés existent. Il peut s’agir :

  • d’une peinture réflective blanche (le grand classique et le plus connu) dotée d’un vernis protecteur ;
  • d’une membrane bitumineuse blanche, à base de bitume élastomère à armature composite de polyester (désolé pour le terme technique, mais c’est comme ceci qu’on le décrit) ;
  • d’une membre EDPM blanche, qui ressemble de près à une grande bande adhésive en caoutchouc synthétique dont la surface blanche reflète les rayons du soleil ;

Plusieurs de ces solutions respectent un SRI supérieur à 100 à l’état neuf ou supérieur à 90 à l’état vieilli 20 ans après.

Combien ça coûte de peindre une surface en blanc

Si vous souhaitez appliquer une peinture réflective éligible au Certificat d’Économie d’Energie (BAT-EN-112) dont la durée de vie est garantie 20 ans, alors il vous faut compter environ 20€ par m2.

Seules les régions du sud de la France sont concernées par cette solution

Les régions les plus chaudes de France ne sont pas forcément les seules concernées par ces solutions. Il est certain que plus il fait chaud et plus cette solution est pertinente.

Mais il faut savoir que les toitures des bâtiments sont souvent recouvertes de matériaux sombres qui absorbent beaucoup de chaleur. À titre d’exemple, une membrane bitumineuse (matériaux d’étanchéité très fréquemment utilisés sur les toitures plates) peut atteindre une température de 70°C sous le soleil lorsque la température extérieure est de 20 à 25°C. Un revêtement Cool Roofing permet de faire baisser la température de la toiture à 25 - 30°C dans mes mêmes conditions d’ensoleillement.

Il n’est pas étonnant que cette solution intéresse les exploitants de bâtiments sur tout le territoire, d’autant que les épisodes de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquents.

RSE

Jonathan Le Borgne Twitter

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.