Avec Shopopop, la livraison collaborative, se veut « économique, écologique et sociale ».

Au centre E. Leclerc de Plougastel-Daoulas, les clients plébiscitent Shopopop, une application de livraison collaborative. Explication du concept avec Jean-Marie de Bel Air et les fondateurs de la solution.
Avec Shopopop, la livraison collaborative, se veut  « économique, écologique et sociale ».

Shopopop permet de se faire livrer par son voisin après avoir effectué ses courses en ligne chez l’une des enseignes partenaires. Au centre E.Leclerc de Plougaste-Daoulas, près de 2000 clients utilisent cette application collaborative,

Shopopop est une application collaborative qui permet aux consommateurs volontaires de livrer les courses aux voisins, moyennant une contrepartie financière. Le concept, inspiré par la livraison des lunch-boxes en Inde, a été lancé en 2016 à Nantes par la start-up éponyme. La livraison collaborative, se veut  « économique, écologique et sociale ».

C’est une nouvelle manière de livrer sur des courtes distances », souligne Antoine Cheul, cofondateur avec Johan Ricaut, de Shopopop.

L’application est utilisée au centre E.Leclerc de Plougastel-Daoulas, près de Brest. « Nous avons noué un partenariat avec Shopopop en 2017, et depuis nos clients plébiscitent le concept ! », se réjouit Jean-Marie de Bel Air, responsable du magasin ouvert en 1981. « D’une cinquantaine de livraisons par mois, au début de cette collaboration, nous sommes passés à 1928 clients livrés grâce à cette appli, et à 247 livreurs actifs », ajoute-t-il.

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Une rémunération variable

Lorsqu’un client passe une commande sur le E.Leclerc Drive,  il est informé de la possibilité de bénéficier d’une livraison via la plate-forme Shopopop. « En fonction des trajets des « "shoppers" », les utilisateurs-livreurs, il peut ainsi voir qui ceux qui peuvent le livrer pendant leurs trajets quotidiens. En somme, on met les gens en contact », résume Jean-Marie de Bel Air. Le client utilisateur de ce service paye 7,90 € par commande, et le « shopper » est rémunéré par une commission variable en fonction du kilométrage, de l'horaire et de l'encombrement des courses.

En grande partie inspiré du covoiturage, ce système aussi pratique qu'innovant, dans la mouvance des circuits courts, évite un trop plein de véhicules sur les routes. Il permet aussi de donner un coup de main - rémunéré - dans son périmètre géographique, et en fonction de son emploi du temps.

Le profil-type : de jeunes mamans actives

A Plougastel-Daoulas, les profils des utilisateurs sont variés. « Une de nos premières clientes avait la jambe cassée, mais il peut s’agir aussi d’une personne âgée, quelqu'un qui n'a pas (ou plus) de véhicule ou quelqu'un qui aide, à distance, un proche en situation de fragilité, souligne Jean-Marie de Bel Air. Souvent, le profil-type principal des utilisateurs demeure le même que celui de notre Drive : de jeunes mamans actives qui n'ont pas beaucoup de temps à consacrer aux courses, et cherchent justement à en gagner un peu ».

Les livraisons s'opèrent entre Brest et sur une partie de la communauté de communes de Landerneau-Daoulas, dans un rayon de 10 à 15 km. « Et cela n'arrête pas de progresser depuis le début de la période Covid », ajoute Jean-Marie de Bel Air, « les livreurs comme les livrés se sont bien adaptés aux circonstances et ont fait attention ; les courses étaient dans des sacs fermés, la distanciation était de mise, et les gestes sanitaires bien respectés par tous ».

Shopopop livre 15 000 villes en France

Pour Antoine Cheul, l'approche sociale du projet est une réelle plus-value. « J’ai par exemple échangé avec un client qui s'est fait livrer, et s'est rendu compte qu'il connaissait déjà son « shopper ». Ils ont sympathisé et ont pris l'apéro ! Bien sûr, ce n'est pas systématique, mais ce genre d'histoire fait plaisir à entendre ! », s’exclame-t-il.

Aujourd'hui, Shopopop livre dans 15 000 villes de France. 110 000 particuliers se sont déjà improvisés livreurs. Elle s’appuie sur 2000 magasins partenaires, dans la grande distribution, ou auprès des enseignes Décathlon et Leroy-Merlin, du groupe Mulliez. Le nombre d'utilisateurs (livreurs ou livrés) approche le million, avec 65% de femmes parmi les "shoppers".

Shopopop emploie désormais 80 personnes en France et à l’étranger. « On se lance actuellement en Italie, au Portugal, en Espagne et dans le Benelux, précise Antoine Cheul. Je pense que l'on développe quelque chose de chouette, qui instaure une relation de confiance entre les gens, et évite justement de passer par des systèmes comme Uber, Deliveroo ou Amazon ».

Propos recueillis par Nora Moreau.

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Article avec le soutien de l'Ademe, dans le cadre du plan Agir pour la Transition.