« On vise le zéro déchet ! » : la méthode complète du E.Leclerc Plougastel pour lutter contre le gaspillage

Le magasin E.Leclerc de Plougastel, dans le Finistère, s’est engagé dans un combat contre le gaspillage. Les produits en fin de vie bénéficient de rabais importants, ou sont donnés à des associations caritatives.

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Au E.Leclerc de Plougastel-Daoulas (Finistère), hypermarché implanté au sortir de la voie express depuis 1981, lieu très fréquenté par les habitants de Brest métropole et du Pays de Landerneau, on privilégie le circuit court pour tout. En témoigne l'engagement de l'adhérent Jean-Marie de Bel Air, en charge du magasin depuis maintenant 15 ans dans la lutte contre le gaspillage .

« Nous avons été rapidement en lien avec Zéro Gâchis -devenue Smartway il y a peu, la start-up spécialisée contre le gaspillage alimentaire, née à Brest et désormais à Nantes », raconte ce dernier. « Depuis 2016, on a développé un partenariat avec leurs gérants, Christophe et Paul-Adrien Menez. On les a accompagnés à leur début, et ils nous ont bien aidés grâce à l'essence même de leur initiative : essayer de sauver le plus possible de produits qui arrivent en fin de vie – à la DLC (Date limite de consommation) ».

Assurer un meilleur suivi des dates de péremption

Au rayon frais par exemple, le logo de la jeune entreprise bretonne figure près d’une belle tête de gondole, qui se vide rapidement au fil de la journée. « Ca cartonne !, poursuit le directeur. On dépose tous les matins des produits arrivant à expiration et on leur appose une remise non négligeable : entre 30 et 50 %, afin d'essayer de les vendre au plus vite auprès de nos consommateurs ».

Plus récemment, Smartway a également développé un système informatique innovant  pour assurer un meilleur suivi des dates de péremption. « C'est essentiel pour la réussite de la démarche, souligne Jean-Marie de Bel Air. Malheureusement, dans la plupart des magasins, on vérifie cela de manière assez archaïque, avec le risque de louper de peu le coche : le jour J, c'est trop tard ! ».

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Eviter « la casse en amont »

Avec ce système, les produits qui arrivent à expiration sont retirés jusqu'à 5 jours avant la DLC. « Ce qui nous laisse le temps de les vendre à un prix réduit à nos consommateurs et d'éviter de les mettre à la poubelle ! En grande distribution, on peut avoir trop facilement tendance à jeter... C'est scandaleux, tant d'un point de vue économique qu'écologique. Tant de gens dans le monde ne mangent pas à leur faim, c’est une aberration ! ».

Pour éviter« la casse en amont » des produits arrivés à échéance, E.Leclerc de Plougastel-Daoulas collabore avec plusieurs associations. Une matinée par semaine, les articles concernés sont retirés des rayons et donnés au Secours populaire, au Secours catholique ou encore aux Restos du cœur. En 2020, les dons aux associations ont représenté 70 000 € et permis la distribution de 44 180 repas. Ils ont aussi empêché la production de 22 tonnes de déchets et l’émission de 99 tonnes de gaz à effet de serre.

« Nous avons ainsi revalorisé plus de 70 % de notre casse, en vendant 50 % des produits à date courte, et en donnant 20 %», Jean-Marie de Bel Air, adhérent E.Leclerc de Plougastel-Daoulas.

Des partenariats avec des fermes locales

Pour aller plus loin, Jean-Marie de Bel Air ses équipes ont noué des partenariats avec plusieurs fermes locales, afin de leur fournir de la nourriture pour leurs animaux. Ce mercredi 9 septembre, une éleveuse de porcs de Hanvec  se présente justement derrière le magasin pour son rendez-vous hebdomadaire. Un employé lui apporte des cageots de fruits et légumes variés, désormais impropres à la vente. « C'est parfait pour mes bêtes, glisse-t-elle. C'est éco-responsable et tout bénéf' pour nous ». « Les cochons finistériens sont nourris à la fraise de Plougastel ! », s'amuse Jean-Marie de Bel Air, en lui donnant un coup de main. « L'élevage, c'est un autre débouché pour les produits invendables. On jette beaucoup de moins de produits qu’avant, ça coûte moins cher, et on gaspille beaucoup moins », observe-t-il. Tous les 15 jours, l'équivalent d'un bac de 750 litres de biodéchets, reconditionnés pour l'alimentation animale, revient aux agriculteurs.

Autre point fort de E.Leclerc Plougastel : tous les emballages, même métalliques, sont triés et récupérés par des entreprises locales, après avoir été triées dans des bennes dédiées à l’arrière du magasin. Les Recycleurs Bretons récupèrent le bois (30 m 3 par mois) le carton (17 camions par an) et le plastique. Guyot Environnement collecte les métaux. Pour Jean-Marie de Bel Air, l’objectif est clair : « On vise le zéro déchet ! ».

Article avec le soutien de l'Ademe, dans le cadre du plan Agir pour la Transition.