Il y a cinq ans, la page Facebook de l'Hyper U de Boulazac était gérée par une hôtesse d'accueil, sur son temps libre, entre deux moments calmes. Aujourd'hui, le magasin compte un community manager à temps plein, un apprenti dédié, 15 500 abonnés sur Facebook, et une clientèle qui a rajeuni d'une génération. Enzo, arrivé en alternance en communication avant d'être embauché, a vécu toute cette bascule de l'intérieur. Son déclencheur, il s'en souvient précisément : « Il y a eu l'arrêt complet de la distribution des catalogues, en tout cas pour notre magasin, donc il fallait trouver une autre façon de communiquer les promos à nos clients. »
La fin du catalogue papier a transformé une activité annexe en fonction stratégique. En cinq ans, le magasin s’est professionnalisé sur un levier qu’il juge désormais incontournable. « Tous les magasins sont obligés d’y passer, parce que c’est un levier de communication très intéressant, et surtout à moindre coût. » L’outil sert à diffuser des promos internes hors catalogue, mais aussi à montrer autre chose : « Faire connaître l’envers du décor, la vie du magasin à nos clients, tout simplement. »
La vidéo a tout emporté
Sur les formats, le verdict d’Enzo est sans appel. La photo avec un petit montage et une description rapide, c’est terminé. « La vidéo est devenue le format culte, utilisée sur quasiment tous les réseaux sociaux. Et c’est même ce qu’ils mettent le plus en avant dans l’algorithme. » Le passage à la vidéo a changé la nature même du travail de communication en magasin. Là où une photo prenait quelques minutes, une vidéo exige une préparation réelle : « Il faut réfléchir au plan, à une mise en scène, une mise en situation pour marquer celui qui va regarder la vidéo, et le capter pour qu’il la regarde jusqu’à la fin et découvre l’offre. »
Les chiffres internes confirment l’intuition. Quand Enzo ouvre ses statistiques, l’écart entre les formats est écrasant. « Les vidéos génèrent en moyenne 70 % de notre visibilité, comparé au contenu photo. » Pour lui, la trajectoire est claire pour l’année à venir : « Le format vidéo va littéralement exploser. » Les plateformes elles-mêmes poussent dans ce sens : « Les réseaux sociaux eux-mêmes poussent à faire des vidéos, parce que l’algorithme les met plus en avant. »
Sa projection ne porte pas sur une plateforme miracle, mais sur une montée en qualité. « Dans un an, on fera beaucoup plus de formats travaillés, plus réfléchis, avec des contenus plus percutants, qui font moins de promo et plus de mise en scène avec un produit. » Le cœur de cible du magasin reste pour l’instant sur Facebook, « cette tranche jeunes parents, entre 25 et 35, 40 pour voir large », quand Instagram « est en train de grimper ».
Les salariés, « micro-influenceurs » du magasin
C’est peut-être le point le plus révélateur de la méthode Boulazac : les contenus reposent sur les équipes, pas sur un décor. La bonne humeur filmée n’est pas un artifice de communication, c’est l’argument principal. « On s’en sert surtout pour faire participer nos salariés, les mettre en avant, et montrer la bonne humeur qui règne dans le magasin, et qui est réelle. Ce n’est pas joué. »