C'est quoi le Pandan, le prochain matcha venu d’Asie du Sud-Est

Le Pandan, végétal d’Asie du Sud-Est au goût de vanille et popcorn, pourrait devenir le prochain matcha, dès que l’Europe l’autorisera.
C'est quoi le Pandan, le prochain matcha venu d’Asie du Sud-Est

Après l’Ube et son violet spectaculaire, une autre star asiatique monte dans les allées du SIAL 2026 : le Pandan. Ce végétal d’un vert profond, star des cuisines d’Asie du Sud-Est, est présenté par certains comme le futur concurrent du matcha. Nous avons retrouvé Thomas, fabricant de l’ingrédient, pour comprendre pourquoi cette plante encore méconnue en Europe suscite déjà l’intérêt de toute l’industrie, et quel obstacle réglementaire se dresse encore sur sa route.

Un goût unique et une couleur verte naturelle

Comme l’Ube, le Pandan plonge ses racines dans la culture indonésienne et le rituel. « Le Pandan vient d’Asie du Sud-Est. Notre société est basée en Indonésie. Par exemple, à Bali, on l’utilise pour des cérémonies, on lui fait des offrandes », explique Thomas. Mais contrairement à l’Ube, dont l’atout est purement visuel, le Pandan joue sur deux tableaux : la couleur et un profil aromatique singulier. « Le Pandan est aussi utilisé dans des applications comme crème glacée, bakery, pastry. C’est un goût unique. On retrouve des marqueurs de popcorn, d’amande grillée, de vanille, de riz basmati. »

Côté transformation, le procédé est identique à celui de l’Ube. « On peut l’utiliser sous forme de feuilles qu’on va écraser ou extraire. Nous, on le fait sous forme de poudre atomisée. Ça apporte une couleur verte naturelle et un goût unique. » C’est justement cette combinaison, végétale et colorée, qui le positionne comme un rival naturel du matcha. « Oui, c’est le côté végétal. »

Un potentiel immense, freiné par la réglementation

Si le Pandan n’a pas encore envahi les rayons européens, ce n’est pas faute de demande, mais à cause d’un verrou juridique de taille. Le Pandan est classé Novel Food en Europe, un statut qui interdit sa commercialisation tant que son usage alimentaire avant 1997 n’est pas prouvé. Thomas détaille l’enjeu. « C’est pas encore réglementé. Un Novel Food, c’est quand on ne peut pas prouver l’utilisation d’un ingrédient avant 1997. »

Mais la levée de cet obstacle est déjà en marche. L’entreprise travaille depuis plus d’un an sur une notification auprès de l’EFSA pour faire sortir le Pandan de la liste des Novel Food et l’autoriser sur le marché. « La bonne nouvelle, c’est que notre société travaille depuis plus d’un an sur une notification qu’on va envoyer à l’EFSA, l’autorité qui régule le Novel Food, pour enlever le Pandan de cette liste et pouvoir l’autoriser. Et beaucoup de R&D de l’industrie en Europe travaillent déjà sur le Pandan avec nous. »

Le signe que le marché anticipe déjà l’autorisation : plusieurs industriels européens auraient déjà des produits physiques prêts à être lancés dès le feu vert réglementaire. « Il y en a certains qui sont déjà prêts pour le go to market. » Les applications envisagées sont nombreuses. « Ce sera crème glacée, pâtisserie, boulangerie, chocolat également. Chocolat blanc, c’est incroyable. La liste est très longue. »

Thomas évoque enfin des vertus nutritionnelles potentielles, antioxydantes et liées à la glycémie, tout en restant prudent sur ce terrain encore interdit d’allégation. Tant que le dossier Novel Food n’est pas bouclé, aucune promesse santé ne peut être revendiquée. « Au niveau des allégations aujourd’hui, c’est compliqué. Dans l’étude qu’on fait pour le Novel Food, il faut qu’on prouve. »

Entre son profil aromatique rare, sa couleur naturelle et l’engouement déjà palpable de l’industrie, le Pandan a tous les atouts pour devenir la prochaine grande tendance venue d’Asie. Reste une inconnue, et elle est de taille : le calendrier de l’EFSA. Si l’autorisation tombe, les rayons pourraient bien voir débarouler une vague verte aussi forte que celle du matcha.