Remise sur achats, 14ème mois, prime d'assiduité : comment les magasins complètent le salaire

Remise sur achats, 14ème mois, prime d'assiduité : comment les magasins complètent le salaire

Deux salariés, le même métier, la même enseigne, cinquante kilomètres d'écart. Le premier cumule 12% de remise sur ses courses, un 14e mois, l'intéressement et la participation. Le second a sa fiche de paie, et rien autour. Aucun des deux ne se trompe : c'est le fonctionnement normal de la rémunération en grande distribution.

Un salaire de magasin se construit sur trois étages. Le premier est fixé par la branche et s'impose à tout le monde. Le deuxième dépend de l'entreprise, donc de l'enseigne et de son statut, intégré ou indépendant. Le troisième se décide dans le magasin, à la main d'un directeur ou d'un adhérent. C'est ce troisième étage qui explique la quasi-totalité des écarts, et c'est aussi le seul sur lequel un magasin peut agir seul.

Le socle conventionnel, souvent pris pour un avantage

Le 13e mois revient dans presque tous les témoignages, chez Leclerc comme chez Intermarché, Super U ou Carrefour. Il est rarement présenté pour ce qu'il est : un droit de branche, pas une initiative de magasin.

La convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, qui couvre l'essentiel des hypers et des supers, prévoit une prime annuelle égale à un mois de salaire de base pour les salariés ayant un an d'ancienneté révolu. Elle peut être versée en une ou plusieurs fois, et elle ne se cumule pas avec une prime de fin d'année, une gratification ou un 13e mois déjà en place dès lors que le total atteint le montant conventionnel. Autrement dit, dans la majorité des magasins, le fameux 13e mois n'est pas un cadeau : c'est l'application d'un texte. S'y ajoutent, toujours au niveau de la branche, la rémunération des temps de pause et la prime d'ancienneté là où elle existe.

Beaucoup de salariés font ce tri d'eux-mêmes, entre ce qui relève du droit et ce qui relève de l'effort du magasin. Une employée qui déclare n'avoir aucun avantage touche pourtant son 13e mois, et elle l'assume : « Pour moi, on parlait de tickets restau, de 10% sur la totalité du ticket de caisse, de bons d'achat. Pas de primes sur bénéfices ou de 13e mois, qui ne sont pas des avantages complémentaires mais du salaire au final. »

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