Clément Posier, associé U à Brest : « Nos magasins, c'est les frigos du quartier »

32 ans. Deux magasins U à Brest. Une casquette d'élu à la mairie. Et toujours 20 minutes de tour magasin chaque matin.
Clément Posier, associé U à Brest : « Nos magasins, c'est les frigos du quartier »

Deux magasins urbains à Brest, un groupe familial, une casquette d'élu local, et l'animation du réseau U dans le Finistère. À 32 ans, Clément Posier cumule les fonctions sans jamais lâcher le terrain. Fils d'associés devenu directeur général de la filiale grande distribution du groupe familial, il incarne une génération de dirigeants qui pilotent au ratio près tout en refusant de perdre le contact avec le carrelage. Entretien sur le podcast sur la force du modèle U, les enjeux du moment et sa vision du commerce à cinq ans.

Un groupe familial, quatre rôles

L'histoire démarre en 2007, quand son père reprend son premier magasin dans le Finistère. « On a un groupe familial monté par mes parents. Mon père est président, moi je suis directeur général, ma mère s'occupe de la partie administrative et ma sœur pilote une filiale qu'elle a lancée sur l'institut de beauté. » Clément Posier rejoint le groupe en 2019, à 26 ans, à la reprise d'un magasin près de Morlaix. Il dirige aujourd'hui deux points de vente brestois, à Recouvrance et à Kérichen. À cela s'ajoute une fonction publique : deuxième adjoint à la ville de Brest en charge de la culture, et président de Brest'aim, la société qui pilote les outils d'attractivité de la métropole.

Un agenda dense, qui impose une méthode. « La distri, c'est chargé, il faut être dedans quotidiennement. La clé pour réussir à s'organiser, c'est de bien s'entourer. » Le contexte l'exige : le commerce est plus dur qu'avant, et le pilotage des exploitations beaucoup plus fin, tant sur les frais de personnel que sur les frais généraux. « Pour ne pas être la tête dans le guidon, il faut avoir des structures. »

« Nos magasins, c'est les frigos du quartier. Le panier du midi, le panier du soir, il faut se bagarrer là-dessus. »

Le refus de l'évidence

Contrairement à l'image d'Épinal du fils d'épicier, rien n'était joué. « Je me suis posé la question. J'avais, comme tous les enfants d'associés, travaillé au magasin quand j'étais plus jeune, pendant les vacances. Mais non, ce n'était pas évident tout de suite. » Il choisit d'abord les études, entre Brest, Rennes, Nantes et Grenade en Espagne, puis multiplie les expériences ailleurs. « J'ai voulu découvrir d'autres métiers avant : chez un gros site en fruits et légumes, chez un industriel, dans une start-up à Nantes 100 % digitale. Avant de venir en grande distribution, je voulais faire autre chose. Ça s'est décidé plutôt avec le temps, en mûrissant le projet. »

Sur la légitimité, question récurrente chez les héritiers, sa réponse est directe. Se poser la question de sa légitimité est sain, ne pas se la poser serait le signe d'un excès de confiance. « Il y a toujours la question de la légitimité, elle est logique. Parce que si on ne l'a pas, ça veut dire qu'on a une confiance en soi peut-être même trop forte. Il faut le travailler en amont, déjà dans la sphère familiale, puis avec l'enseigne. » Le mouvement accompagne ses jeunes associés avec des forums d'enfants d'associés, des formations, des échanges entre pairs. « Ça permet de se préparer. Franchement, en préparant bien, ce n'est pas une épreuve terrible qui doit être appréhendée de manière dramatique. »

La force de U : de vrais indépendants

Sur les gains de parts de marché de l'enseigne, Clément Posier avance une explication structurelle. Ce qui différencie U, c'est d'être une coopérative de vrais indépendants, propriétaires de leurs murs et de leurs fonds de commerce. « On est des associés proches du terrain, au moins plusieurs jours par semaine en magasin, et d'autres jours sur des fonctions de la coopérative qui viennent servir nos magasins. Cette double casquette, c'est vraiment une force. »

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