C'est quoi la "Skimpflation" ? Ou quand la qualité se dégrade, l'étiquette ne bouge pas

C'est quoi la "Skimpflation" ? Ou quand la qualité se dégrade, l'étiquette ne bouge pas

Depuis quelques années, chaque nouvelle vague de tension sur les prix accouche de son néologisme en « -flation ». Le premier de la lignée, le « stagflation », date des années 1960 et décrit une économie qui stagne pendant que les prix montent. Rien à voir avec un rayon de supermarché, mais le mot a ouvert la voie à toute une famille de termes taillés pour la grande consommation.

Le « shrinkflation » a été le premier à s'installer dans le débat public : le paquet qui rétrécit sans que le prix bouge d'un centime.

Le « skimpflation » est la dernière entrée de cette famille, et sans doute la plus sournoise. Il ne touche ni à la quantité ni au prix, mais à la qualité elle-même. Le packaging n'a pas changé. La liste des ingrédients non plus. Et pourtant, le produit n'est plus tout à fait le même.

Un cousin plus sournois que le shrinkflation

Contrairement au shrinkflation, on ne peut pas sortir l'ancien paquet du placard pour comparer. Même poids, même packaging, même liste d'ingrédients, mais un produit qui ne se comporte plus pareil à l'usage.

L'exemple qui a relancé le sujet cet été vient d'une enquête canadienne sur les pâtes, publiée par la newsletter Between the Lines. Le constat : deux paquets peuvent afficher rigoureusement la même mention « semoule de blé dur » et donner des résultats totalement différents dans la casserole. Cuisson inégale, eau trouble prématurément, texture qui s'effondre avant même d'être al dente.

Le vrai problème : l'étiquette ne dit presque rien

La raison tient à ce que l'étiquette ne mentionne jamais : le grade du blé, la force du gluten, la façon dont la semoule a été hydratée, la pression d'extrusion, la température et la durée de séchage. Autant de paramètres qui, mis bout à bout, décident si un produit tient sa promesse ou pas, et qu'aucune réglementation n'oblige à afficher.

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