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7 solutions concrètes pour réduire les invendus alimentaires en grande distribution

La lutte contre le gaspillage alimentaire va s'intensifier en grande distribution dans les prochaines années. Voici des solutions efficaces pour accélérer cette transition sociétale.
7 solutions concrètes pour réduire les invendus alimentaires en grande distribution

2022 marquera encore une étape de plus dans la valorisation des invendus alimentaires en grande distribution. Avec 40 000 points de vente répartis en France, qu’il s’agisse de magasin de proximité, de supermarchés ruraux ou d’hypermarchés en périphérie de grande agglomération, le commerce dans son ensemble mène de front, souvent avec le soutien de TPE/PME, start-up spécialisées, cette lutte contre le gaspillage alimentaire.

Bien sûr, toute la chaîne est concernée à côté des distributeurs qui n’en sont pas le seul responsable : des producteurs, aux industriels, en passant par la responsabilité évidente du consommateur.

Les causes identifiées de ce désastre environnemental sont connues. Parmi les principaux : stock trop important, demande saisonnière et parfois imprévisible, mauvaise gestion en amont des commandes, produits abîmés ou défectueux notamment au rayon fruits et légumes, rupture de la chaîne du froid, etc. Autant de raisons souvent corrigeables et qui peuvent trouver des solutions rapides et efficaces. Dans cet article, nous allons dresser l’ensemble des actions possibles.

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Selon l’ADEME, l’ensemble de la grande distribution serait responsable de 14% du gaspillage alimentaire en France. Le secteur pourrait réduire son gaspillage alimentaire de 300 000 tonnes par an et faire ainsi plus de 700 millions d’euros d’économies par an.
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Le gaspillage alimentaire en France, vers une réduction du gaspillage de 50% d’ici 2025

Si des efforts sont mis en place ces dernières années depuis la Loi Garot, il y a encore beaucoup à faire pour répondre à l’engagement de la France de réduire le gaspillage alimentaire de 50% d’ici 2025.

Selon des chiffres du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 17% de la production alimentaire mondiale totale est gaspillée et 14% des aliments produits sont perdus entre la récolte et la commercialisation. En France, cela représentait en 2016 10 millions de tonnes de produits par an.

Ces chiffres peuvent être fortement réduits à la baisse en mettant simplement en place quelques actions pour valoriser ses invendus alimentaires.

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Les solutions pour réduire le gaspillage alimentaire en grande distribution

En magasin, les solutions pour lutter contre le gaspillage se multiplient : de l’installation de zone antigaspi, à la traçabilité rigoureuse des dates en amont en passant par le don aux associations, les options se complètent parfaitement pour tendre vers le zéro gaspillage.

Voici les solutions possibles.

→ La formation et sensibilisation des collaborateurs

Il n’y a pas de combat mené sans sensibiliser les équipes en amont. La première étape de cette lutte c’est de sensibiliser les collaborateurs aux enjeux du gaspillage alimentaire. Cela passe par des interventions ou des conférences en interne qui s'organisent régulièrement.

Certains magasins optent également pour le recrutement d’un responsable qualité chargé de diffuser la bonne parole auprès des équipes et d’assurer que les actions soient suivies rigoureusement par les équipes en magasin.

→ Utiliser des outils de traçabilité et de détection de dates courtes

Pour réduire le gaspillage alimentaire, certains magasins privilégient les solutions qui préviennent le gaspillage directement à la source. Cela consiste à accompagner les équipes dans la détection des produits à dates courtes via des outils performants de traçabilité.

Dans certains magasins, la solution est encore de repérer à la main ces dates en vérifiant un à un chaque produit. Une étape chronophage qui peut être solutionnée aujourd’hui par des outils dédiés.

→ Proposer la vente de produits à dates courtes à prix réduit

Cette tactique n’est pas nouvelle et n’a pas attendu laLoi Garot pour être mise en application. Depuis plusieurs années, la pratique s’est généralisée. Elle consiste à appliquer une réduction allant de 10 à 50% selon les magasins sur les produits à l’espérance limitée. Facilement identifiable en rayon via des stickers souvent de couleur, cela permet aux consommateurs de profiter de produits encore consommables à prix avantageux.

→ Mettre en place une zone de déstockage

Parallèlement à la pratique précédente, certains magasins optent pour des emplacements dédiés regroupant l’ensemble des produits concernés par ces réductions. Appelées zone antigaspi, ces zones ont l’avantage d’être facilement identifiées par une signalétique adaptée. Exemple ci-dessous :

→ Valoriser ses invendus par le don aux associations

Encore une fois, cette pratique n’est pas nouvelle. Elle consiste à identifier des associations aux alentours du magasin désireuses de recevoir des produits encore consommables afin de les redistribuer aux personnes dans le besoin. Cela nécessite une logistique bien rodée qui consiste d’une part à identifier ces associations et d’autre part à organiser les tournées. Cela se gère aussi bien à l’échelle du magasin qu’avec le soutien d’entreprises / start-up spécialisées.

→ Proposer des paniers d’invendus récupérables en magasin ou via des applications

Pratique résolument répandue ces dernières années, les paniers d’invendus alimentaires permettent d’écouler plusieurs produits à dates courtes en même temps. Cette solution est rendue possible via des applications de mises en relation commerçants / clients qui facilitent la réservation de ces produits destinés à être détruits.

→ Donner les fruits et légumes non consommables pour qu’ils soient consommés par les animaux

Certaines enseignes font le choix de faire confiance à des solutions bien connues du grand public quand d’autres mettent en place eux-mêmes leur solution interne.

Dernière solution en date pour valoriser les fruits et légumes non consommables, la valorisation animale. Cette ultime étape consiste à réserver ces produits pour qu’ils soient confiés à des fermes avoisinantes afin de nourrir des animaux. Cette étape est privilégiée pour des produits très abîmés et pas consommables pour l’Homme. À noter qu’en France, aucune législation n’existe encore au sujet de la date limite de dons aux animaux.

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