« Même si c'est dur, je le referai sans hésiter » : ils racontent leur job d'été en grande distribution

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Beaucoup de carrières en grande distribution commencent par un job d'été.

Cette année encore, de nombreux jeunes ont fait leurs premières armes sous la forme d'un job d'été. Après avoir balayé les premiers clichés vis-à-vis du secteur, ils racontent.

Au premier abord certes, la grande distribution, ça ne fait pas rêver les jeunes. Tous se font une image négative des métiers. Pourtant, ils sont nombreux chaque année à franchir les portes des magasins à l'occasion d'un job d'été. Entre découverte du milieu, les difficultés du début et les vocations naissantes, nous avons sollicité ces jeunes qui ont fait le choix de travailler quelques semaines et dans les allées des magasins.

Entre appréhension du départ et reconnaissance envers un secteur qui valorise ceux qui travaillent

La première journée de travail en grande distribution fait un peu au début. Le magasin grouille de toute part. Les équipes sont hyper actives pour préparer l'ouverture du magasin, de yeux de jeunes, le monde des magasins qu'ils connaissaient jusqu'à présent en tant que consommateurs s'ouvre vers une vision professionnelle. Ils ont aux coulisses des rayons, à la réserve, et commencent à comprendre le fonctionnement du commerce.

« Au début, on suit et on écoute ,mais on est très rapidement plongé dans le grand bain », raconte cet étudiant pour qui c'est son premier job, « on n'a même pas eu le temps de faire le tour du magasin que j'étais déjà au milieu d'une palette de carton », poursuit-il.

Comme lui, des milliers d'étudiants commencent en rayon ou en caisse. Les tâches principales consistent à mettre en rayon et faire en sorte que ceux-ci soient prêts à l'ouverture du magasin.

Le métier est exigeant, car il suppose de commencer très tôt et parfois de finir tard, des heures peu habituelles pour des jeunes de 18 ans : « la grande distribution ce n'est pas le meilleur ni le pire des secteurs à mon avis », raconte ici cet étudiant en CDI chez Auchan depuis près de 2 ans, « mais c'est un secteur très arrangeant sur les horaires. Moi par exemple j'ai demandé à bosser en journée afin d'avoir mes soirées de libres », poursuit-il tout en insistant sur le fait que le secteur réclame beaucoup de motivation.

Même constat pour cet étudiant en CDI depuis 4 ans : « je fais de la caisse, de l'accueil magasin, et maintenant je suis aussi en gestion de caisse centrale. Je reconnais avoir beaucoup de responsabilités pour un "simple" job étudiant », raconte-t-il dans un premier temps, « mais je m'y plais, car j'ai de super collègues, malgré les nombreuses difficultés du quotidien. Il faut avoir un mental d'acier pour travailler en grande distribution surtout sur le secteur caisse/accueil ».

Le job d'été, la porte d'entrée vers un poste en CDI

Commencer par un job d'été en grande distribution n'a rien d'anodin. Beaucoup dépassent les idées reçues de départ et finissent par accepter le rythme imposé par e métier : « c'est vrai qu'au début, c'est un métier exigent », se souvient cette employée, « je commençais mes journées à 5h30 et à chaque fois que je rentrais chez moi je n'avais qu'une envie, dormir ».

Faut dire que le travail est aussi physique. Port de charges lourdes, position debout pendant plusieurs heures, si beaucoup reconnaissent « l'exigence » du métier, ils sont aussi nombreux à retenir que la grande distribution constitue « une bonne expérience pour démarrer dans la vie active » : « pour l’avoir plusieurs été de suite, c'est loin d’être le pire des domaines où le pire des travail, même si c'est dur, je le referais sans hésité », explique cette étudiante.

Pour d'autres, ce job d'été signe le début d'une carrière : « j'ai commencé par un job d'été et j'y suis restée et ça fait 10 ans déjà », raconte une employée devenue titulaire et qui avait connu la restauration rapide dans une précédente expérience, « ce qui m'a motivé à rester c'est le poste occupé et surtout l'équipe », termine-t-elle.

L'ambiance du secteur semble être un argument de poids pour ceux qui décident de poursuivre leur carrière en magasin : « c"est vrai qu'il y a des moments où c'est difficile surtout quand on est un sous-effectif, mais j'ai de la chance d'être dans un magasin où l'ambiance est plutôt bonne ».

Aussi, si certains se voient encore quelques années, ils sont quelques-uns à reconnaître qu'ils ne s'y voient pas indéfiniment : « j'y suis depuis 3 ans après avoir commencé par un job d'été, mais avec le temps je pense avoir assez donné », raconte ici une employée qui se voit prendre un autre chemin prochainement , «néanmoins, j'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui y reste des années et des années ».

Enfin, travailler en grande distribution permet surtout d'avoir un travail dans un contexte économique où il est parfois difficile de trouver du travail : « ma satisfaction c'est déjà d'avoir un travail », reconnaît cet employé travaillant depuis 4 ans dans un Super U, « et cela me permet de me payer des vacances d’été de qualité chaque année. Cela ne fait qu'augmenter ma satisfaction personnelle et ça apprend dignement à être courageux dans la vie ».

De job d'été à manager

Les plus motivés d'entre eux sont même parvenus à se faire une place dans leur magasin : « j'ai commencé il y a 4 ans en job d'été et je suis aujourd'hui manager de rayon », se satisfait ce manager qui valide ces idées reçues sur le secteur, « les étudiants chez moi ne sont pas toujours très motivés au début, mais ils finissent tous par se bouger quand ils comprennent qu'ils pourront se payer leur permis ou d'avoir de l'argent de côté. On essaie de leur apprendre la valeur du travail ».

Derrière le simple job d'été, c'est surtout un pied entre le monde scolaire et la vie active qui permet de comprendre ce qu'on aime ou pas dans un travail et « certains finissent par nous remercier quand ils partent ».

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Métier

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.