La prochaine révolution de la grande distribution sera la robotique

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Dans les prochaines années, lorsqu’ils déambuleront dans les allées, les clients de demain risquent fort de croiser la route de drôles d’objets. Des robots, aux faux airs de science-fiction, accompagneront bientôt les professionnels de terrain. Cette fiction devient de plus en plus réalité.

La révolution robotique est-elle en cours de déploiement dans la grande distribution ? À l’évidence, ce qu’il se passe outre-Atlantique ne passe pas inaperçu en Europe. De nombreuses enseignes telles que Walmart, Target, Walgreens ou encore Stop & Shop ont récemment adopté des robots pour parcourir les allées de leur magasin.

L’Europe se montre un peu plus timide sur le sujet. Auchan déploie des robots dans ses magasins au Portugal et Casino à Pessac a également inauguré l‘accompagnement de ce nouveau membre dans les effectifs.

Ces robots remuent la crainte de remplacer les emplois dans un secteur qui rassemble plus de 600 000 personnes et dont les récentes organisations et plans sociaux menacent leur avenir. Ces robots ne remplaceront pas le travail de l’homme. Ils libéreront les effectifs de certaines tâches et permettront de concentrer les effectifs sur la relation et l’expérience client. À terme, les robots seront même de précieux atouts pour collecter de la donnée.

Les robots sont déjà prêts à envahir les allées de la grande distribution

Pour les employés de la grande distribution chargés du remplissage des rayons, ces robots d’un autre temps pourraient considérablement changer leur métier. Nombreux dans les équipes sont encore à pointer manuellement les ruptures constatées en rayon. Une tâche épuisante et surtout chronophage.

Les robots pourraient bientôt remplacer cette tâche fastidieuse afin d’identifier les ruptures dans les rayons. En toute autonomie et à l’aide de capteurs, le robot enregistre la disposition des rayons de haut en bas. L’œil du robot a l’avantage d’être beaucoup plus performant que l’œil humain. Un robot à lui seul peut identifier jusqu’à 14 fois plus d’articles en rupture qu’un employé lambda.

Le robot complète le travail au quotidien en rendant un inventaire quotidien sur les ruptures de stock en rayon. Il accompagne les employés dans leurs tâches et leur permet de se concentrer au remplissage. D’autres fonctions complètent l’appareil telles que la détection de cohérence prix/produit, un service de localisation pour chaque produit.

Pour fonctionner, les robots sont dotés d’une intelligence artificielle qui cartographie les produits, suivent les stocks en rayons… La nouvelle technologie est véritablement au service des professionnels et se veut être un moyen indéfectible de gagner en efficacité et productivité.

Des robots qui aident au déchargement avec Suitee Cobotics : les robots ne se contentent pas de scanner les rayons. Des sociétés préparent des robots capables d’accompagner les professionnels dans des tâches quotidiennes telles que le déchargement de carton. Des tests sont actuellement menés chez Système U au Super U de Saint-Jean-de-Monts et Hyper U de Guichen. Dans une autre enseigne, un projet de robot transportant des palettes serait à l’étude selon nos informations.

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Des robots pilotés par l’intelligence artificielle au service de l’expérience client

Mieux encore, l’intelligence artificielle permet certes d’améliorer les performances en magasin, mais ils ont un rôle précieux que l’œil humain ne voit pas toujours. En scannant les rayons à longueur de journée, les robots se nourrissent de leurs expériences en magasin pour affiner leur compétence. En collectant et en analysant la donnée, il analyse les informations sur les produits et les ruptures.

Ces données détaillées sont extrêmement importantes pour les magasins, où la compréhension des comportements et l’anticipation de la demande sont essentielles. Pendant la période post second confinement, les robots auraient notamment pu identifier eux-mêmes des hausses sur certaines catégories de produits. Un moyen d’alerte précieux pour la gestion des rayons.

Cette donnée est précieuse et permettra de compléter la gestion des commandes. Prenons un exemple, si le robot détecte que la confiture de fraise se vend plus vite que la confiture de pêche de la même marque, le robot sera à même de proposer un réajustement de la commande pour pallier la demande. Un indicateur que les logiciels de gestion analysent, mais dont une activité manuelle est parfois nécessaire pour réajuster la demande.

Le défi est de taille pour la grande distribution qui voit là une opportunité d’améliorer l’expérience client en supprimant les irritants.

Robotique

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.