Dans un rayon vin, des centaines de bouteilles se ressemblent. Pour un préparateur de commandes drive qui doit retrouver une référence précise parmi des milliers, chaque seconde passée à chercher est une seconde perdue. C'est précisément ce problème que résout une technologie aussi discrète qu'efficace : l'étiquette électronique à LED, dite « flash ». Reportage à l'Intermarché de Nemours, un magasin très surprenant par sa forme circulaire, qui pratique le picking en rayon pour son drive.
Une LED qui guide la main du préparateur
Le principe est simple, presque évident une fois qu'on l'a vu fonctionner. Jules, manager drive et relation client du magasin, le résume sur le terrain. « Concrètement, c'est cette petite LED qui s'allume, qui nous permet de trouver des articles via l'application, ce qui permet de gagner énormément de temps en termes de recherche. » Devant le rayon vin, la démonstration est parlante. « C'est beaucoup de références, beaucoup de bouteilles qui se ressemblent. Une fois qu'on est au rayon, ça nous permet d'aller directement au produit qu'on cherche. Il est allumé, on prend notre article et on continue. » Détail malin : « On peut aussi le faire clignoter avant d'arriver au rayon. »
Côté fournisseur, Stéphane Chesnais, de Pricer, replace l'innovation dans son histoire. Pricer revendique l'invention du flash il y a une dizaine d'années. « Ce flash, intégrant une LED, permet de faire flasher l'étiquette afin de trouver un produit plus rapidement, aider les préparateurs dans cette préparation de commande qui prend du temps et où il est souvent très difficile de trouver des produits. » Le fonctionnement est instantané. « L'étiquette va flasher dès que le préparateur a choisi le produit qu'il doit préparer. Quand il passe au produit suivant, l'étiquette s'éteindra. »

Entre 15 et 20 % de productivité, et moins de ruptures
Sur les chiffres, les deux parties convergent. Interrogé sur le gain de productivité, Jules avance une fourchette. « J'irais entre 15 et 20 %. » Stéphane Chesnais confirme l'ordre de grandeur côté Pricer. « De l'ordre de 20 % de gains de productivité sur la préparation de commandes. » Le tout sur un volume loin d'être anecdotique : le magasin tourne, selon Jules, à « une bonne moyenne de 200 commandes par jour », davantage le week-end.
Mais le bénéfice le plus stratégique n'est pas la vitesse, c'est la lutte contre les fausses ruptures. Jules pointe un effet concret sur la satisfaction client. « Une personne qui ne trouverait pas le produit dit qu'il est en rupture, alors que non. Avec ça, on sait que le produit est là, ça clignote, on le trouve et on peut le mettre directement. Un client qui a tous ses produits, et les bons, c'est un client satisfait qui reviendra. »
L'autre vertu, souvent sous-estimée, concerne la formation. Dans un secteur marqué par un fort turnover et beaucoup de jeunes recrues, l'outil raccourcit drastiquement la montée en compétence. « Les jeunes qui arrivent sont opérationnels en une demi-journée. Une fois qu'ils connaissent à peu près l'emplacement des produits, on a cet outil qui permet de trouver le produit exact », explique Jules. Un constat partagé par Jessica Duhazé, adhérente du magasin, pour qui le drive est un segment clé. « Nous avons dépassé les 11 % de quotas. Il y a énormément de jeunes collaborateurs et d'étudiants, et le temps de formation est très court. Avoir une solution qui permet de les faire monter en compétence rapidement, c'est indispensable. »