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Le textile de seconde main, une dynamique du réemploi en forte évolution : voici l'exemple au Leclerc de Quimperlé.

Reportage au Leclerc de Quimperlé, un des 66 magasins de l'enseigne à passer des commandes régulières auprès de Rediv by patatam.

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Initié depuis février 2022 au Leclerc de Quimperlé, un rayon seconde main consacré essentiellement aux vêtements femme et enfants d’occasions vient compléter l’offre textile du magasin. Une dynamique croissante de réemploi qui parait-il, a encore de beaux jours devant lui…

« C’est pas juste une mode, c’est une tendance de fond,» affirme le directeur du Leclerc Quimperlé, Jonathan Morvan. « Nos consommateurs aspirent à posséder moins de pièces dans les dressings mais un peu plus de qualité et ainsi réduire la surconsommation. »

Aujourd’hui en France, selon l’étude du cabinet de conseil Accenture et la Fédération de la mode circulaire, la vente sur ce marché du réemploi est estimée autour des 2% soit 5,7 milliards d'euros. L’évolution de progression annoncée est significative : selon cette même étude, le marché pourrait peser 14 milliards d'euros en 2030, avec des croissances annuelles de l'ordre de 13% pour la seconde main. Au final, cela représenterait à cet horizon environ 29% du marché de la mode et du luxe en France.

L'enseigne Leclerc a commencé à s’intéresser à ce marché de la seconde main en 2020. Un an plus tard, en 2021, les premiers magasins test voyaient le jour. «Avoir des magasins test permet d’isoler des problématiques avant la mise en place à plus grande échelle,» confie le directeur. « C’étaient plus les sites de e-commerce qui étaient sur ce marché à la base. On avait besoin de savoir si le consommateur viendrait en magasin pour une gamme de seconde main… »

Pari réussi pour le moment, d’après Annie Toulgoat, responsable textile-chaussures depuis 26 ans au Leclerc Quimperlé : «L’achat en seconde main est complémentaire de l’achat neuf… On a vu un dynamisme se mettre en place. En même pas 10 mois, j’ai vendu 1900 pièces. C’était assez innovant d’avoir ça dans notre magasin. Désormais, il faut alimenter ce marché avec un renouvellement régulier. » 

Rediv by patatam, leader européen de la seconde main

Au Leclerc de Quimperlé, c’est l’entreprise Rediv by patatam, leader européen de la seconde main, qui collecte, trie, valorise et fournit les vêtements au magasin. Annie Toulgoat explique : « Cette entreprise ne fait que ça : récolter, entreposer, reconditionner et nous on vient acheter des lots. Il y a un peu de tout : des marques connues comme du Zara, kiabi, TAO, cache cache, H&M, Promod, Primark et parfois des grandes marques comme Roxy ou Kenzo… L’avantage de ce système c’est qu’on n’est pas obligé d’acheter tout. L’enfant et la femme sont pour nous, les marchés les plus porteurs.»

C’est le troisième magasin de la Scarmor à mettre ça en place (après Scaër et Pontivy). Sept magasins possèdent un rayon seconde mains dans le Finistère.

Le gros plus, selon la responsable textile du Leclerc Quimperlé : « Cela nécessite pas de travail supplémentaire, les produits arrivent étiquetés, il suffit juste de les classer par tailles. Et avec Rediv by patatam, à chaque saison, on peut refaire des colis pour échanger avec autre chose. Normalement on doit avoir un stock tampon. J’ai beau en commander un peu plus, je n’y arrive pas. De nombreux clients sont à l’affût de la bonne affaire. »

Dans les 4m2 de rayon, les acheteurs peuvent profiter d’environ 200 pièces à chaque fois, renouvelées tous les deux mois. 1,95€ le tee-shirt enfant, 5,95€ le pantalon femme, 6,95€ le pull hiver, 7,95€ le jean, 14,95€ le manteau. Du 3 ans au 14 ans et du XXS au XXL.

« Loin du potentiel atteignable »

En France actuellement, 66 magasins Leclerc passent des commandes régulières auprès de Rediv.

« En tant que grande distribution, on doit être à l’initiative, prendre conscience et essayer de nouvelles formes de consommation. On doit mettre en musique car on brasse pas mal de clients. Si nous on n’y va pas, ce serait quand même dommage… Aujourd’hui on voit que les cadres évoluent, il y a une démarche qui est en route et elle va continuer à avancer alors autant être acteurs de ce changement…La demande est là, on est encore loin du potentiel atteignable. On sait qu’on va énormément progresser, » se réjouit Jonathan Morvan.

« Parce qu’elle n’épuise pas les ressources, parce qu’elle est abordable, parce qu’elle est ultra plébiscitée, la seconde main n’est plus un second choix. Marques, distributeurs, innovateurs : rejoignez notre mouvement et prenez part au changement. Nous vous donnons les clés pour développer une nouvelle activité qui augmente le pouvoir d'achat de vos clients et limite votre impact sur l’environnement. » C’est en ces mots que l’entreprise Rediv by Patatam se présente sur son site internet. Dans leurs entrepôts basés en France, Rediv by Patatam trie minutieusement des milliers de vêtements collectés chaque mois. L’entreprise possède une capacité de stockage de 1 000 000 de pièces, qui permet d'être approvisionné à la demande.

Grâce à la technologie française Exotec, une plateforme logistique automatisée et robotisée traite rapidement les commandes, qui sont acheminées directement dans les magasins. Chacun des produits est étiqueté pour assurer le bon suivi à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. 64% des vêtements collectés sont valorisés positivement. Une sélection est faite : 36% ne sont pas réinjectés et se retrouvent destinés à l’export et une autre partie est destinée au recyclage. 

RSE

Jonathan Le Borgne Twitter

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.

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