Berny : des barquettes en inox contre la surexploitation des ressources naturelles

Pour la suite de la mini-série sur le retour de la consigne, nous recevons Claire Nijdam. La cofondatrice de Berny nous parle des contenants réemployables en inox qui contribuent à sortir du tout jetable.
Berny : des barquettes en inox contre la surexploitation des ressources naturelles
Berny

« Aider l’industrie agroalimentaire et la grande distribution à passer de l’emballage jetable à l’emballage réemployable », Claire Nijdam, Cofondatrice de Berny

Dans cet épisode, zoom sur cette mission louable de Berny. Claire Nijdam fait ainsi le tour de sa solution pour réduire l’utilisation des emballages à usage unique en nous parlant :

  • des premiers pas de Berny ;
  • du contexte juridique autour de l’emballage jetable ;
  • de la logistique pour le réemploi ;
  • des avantages pour les magasins de passer par Berny ;
  • des freins et opportunités pour généraliser la consigne en France.

Les premiers pas de Berny ?

Les mots de notre invitée expliquent simplement et clairement ce qu’est Berny : « Berny, c’est une solution d’emballages réemployables. »

Elle fabrique et met donc à disposition des supermarchés et des industries agroalimentaires, une gamme de barquettes en inox. Mais pas que ! En effet, les deux associés (Claire Nijdam et Olivier de Kerimel) et leurs équipes assurent toute la boucle de réemploi :

  1. collecte des barquettes après usage ;
  2. lavage ;
  3. remise dans la boucle de réemploi.

Contexte juridique autour de l’emballage jetable

Aujourd’hui, le contexte juridique comme l’apparition de la loi AGEC est favorable aux initiatives tournées vers le réemploi.

Pour ce qui est de Berny, Claire Nijdam nous explique que l’opérateur a marché avec cette législation qui se précise au fur et à mesure. Toutefois, notre interviewée déclare que la solution qu’elle propose est surtout née d’un constat et d’un besoin personnel. L’on peut donc plutôt parler d’une évolution en parallèle avec la loi.

Notre invitée relève également la volonté des enseignes à trouver des solutions pour réduire les emballages à usage unique.

Selon ses observations, l’adhésion des consommateurs est aussi en hausse et les mentalités ont changé en 3 ans. Comme elle le dit : « Les réponses qu’on a des gens sont vraiment différentes aujourd’hui par rapport à ce qu’elles étaient en 2020 ou 2021. »

Rappel : la loi AGEC fixe comme objectif un pourcentage à atteindre en termes d’emballages réemployés :

  • 5 % pour 2023 ;
  • 10 % pour 2027.

La logistique pour le réemploi

Sur le site de Berny, un constat est mis en exergue : il n’y a que 42 jours entre l’extraction de la matière première et sa transformation en déchets.

Cette piqûre de rappel est indispensable à l’heure où, paradoxalement, les images d’arbres coupés et de forêts incinérés sont banalisées.

Nous nous sommes alors intéressés aux éventuelles problématiques et difficultés que Berny peut rencontrer pour épargner ces ressources qui s’épuisent, notamment sur la « grosse logistique » que représente le réemploi.

Claire Nijdam nous confie que : « Ce qui est le plus complexe, c’est d’avoir une chaîne de valeur qui est aussi longue ».

Mais le plus gros défi pour Berny est de trouver le bon sous-traitant, qui est au bon endroit, pour un prix au plus proche de ceux des emballages jetables.

Les avantages pour les magasins de passer par Berny

« Un magasin qui veut faire du réemploi ne sait pas toujours comment faire. Et nous, maintenant, on sait déployer une solution de réemploi. »

Ce qui se vérifie puisque Berny passe du temps dans l’ :

1.     Étude du bon contenant (pour les métiers du frais) :

  • en inox ;
  • empilable ;
  • en format classique compatible avec différentes formes de conditionnement ;
  • qui valorise le produit et les rayons ;
  • qui passe au four et au micro-ondes ;
  • qui touche directement le magasin qui emballe ses produits sur place ;
  • etc.

2.     Accompagnement dans la mise en place d’un système de consigne pour :

  • l’encaissement ;
  • le remboursement ;
  • l’affichage ;
  • la formation des équipes ;
  • assortiments ;
  • le nombre de références ;
  • etc.

Les freins et opportunités pour généraliser la consigne en France

88 % des Français sont favorables à la consigne.

Malgré ce chiffre enthousiasmant, avec notre invitée, nous nous sommes penchés sur ce qui pourrait empêcher l’adoption de la consigne par tous.

Du point de vue du consommateur, les freins portent surtout sur :

  • le prix de la consigne ;
  • la peur d’oublier de rapporter le contenant ;
  • le tri (le recyclage) considéré comme un effort (une solution) suffisant(e).

Pour les magasins, le manque d’intérêt des équipes pour le projet peut être le challenge. D’ailleurs, des deux côtés, le plus important est de modifier les habitudes.

Mais, quels que soient les obstacles et les contraintes, notre interlocutrice est optimiste par rapport à l’avenir. Un état d’esprit qui s’illustre notamment avec cet extrait : « Le sujet, on le voit vraiment mûrir. En trois ans, il a vraiment pris de l’ampleur ! Nous, on est très confiant sur le fait que, et les magasins et leurs clients sont en capacité de faire ce switch. »

Où peut-on trouver Berny ?

Aujourd’hui, Berny est présente dans 25 magasins dans le nord-ouest de la France et compte s’étendre encore plus.

💡
À propos de Berny. Berny, créé par Claire Nijdam et Olivier de Kerimel, est un opérateur de solution de réemploi qui voit le jour à Nantes en 2020. Pour contribuer à sortir du tout jetable, l’entreprise propose des barquettes en inox. En 2022, elle se déploie en Loire-Atlantique, en Vendée et en Bretagne. 2023 a également été marquée par de grandes avancées pour Berny : déploiement dans plusieurs parties de l’Hexagone (en Normandie, dans l’ouest et le centre de la France), lancement de 10 magasins en passant par la centrale d’achats Leclerc (Socamaine) et la vingtaine de références avec contenants en inox qui s’invitent dans un drive.