Toomai, la Pépite salé qui s'inspire du continent Africain

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Après des années dans l’industrie pharmaceutique et le commerce, Monia Fourar et Edouard Truchelut ont décidé de tout plaquer pour créer leur startup Toomai. Cela juste avant le premier confinement, avec le granola salé pour produit principal.

L’envie de changer et un voyage en Afrique ont définitivement motivé les Sudistes de fonder Toomai. Après des années dans l’industrie pharmaceutique, Monia Fourar a eu marre de cette routine et à profiter de son voyage au Sénégal chez une de ses amies pour se lancer dans l’entreprenariat. Le coup de foudre a eu lieu lors de la découverte du sorgho, une céréale ancienne sans gluten. L’ingrédient parfait pour développer sa marque et faire passer des messages. « La mission de Toomai, c’est de valoriser dans les assiettes et dans les champs ce type de graine qui impact positivement les sols et sur ce qu’on y fait pousser. La biodiversité et la santé ». Tout est produit de manière artisanale, au sein d’une boulangerie solidaire d’insertion professionnelle à Fabrègues près de Montpellier. La Pépite, leur granola salé, est un produit sans sucres ajoutés, équilibré en acro-nutriment, et qui permet de remplacer un repas classique par un repas sur le pouce pour ceux qui n’ont pas le temps de manger. Parfait système D.

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Le sorgho, la pépite dans la Pépite

C’est le petit joyau qui pourrait bien révolutionner l’avenir. Le sorgho, céréale ancienne cultivée principalement en Afrique par des cultures vivrières, est une graine résiliente capable de faire face à des températures extrêmement chaudes. Elle ne demande que peu d’apport en eau et valorise cette eau dans les sols, tout en restructurant ces derniers, d’où ce choix de Monia Fourar pour confectionner ses granolas. « Au départ, on a choisi de partir sur le sorgho pour le mettre dans un produit référence et connu de tous, le granola. On valorise aussi d’autres céréales anciennes comme le petit épeautre et une graine comme la légumineuse ».

Cette graine reste peu connue dans l’hexagone. Pourtant, le sorgho pousse dans des champs occitans. Il possède par ailleurs nombre de propriétés et de caractéristiques agronomiques avantageuses, qui ont séduit le jeune couple. Le sorgho est la cinquième céréale la plus cultivée dans le monde, et utilisé dans des domaines différents. En Asie, cette graine est transformée pour fabriquer de l’alcool de sorgho. A contrario, aux États-Unis, elle se retrouve sous forme dans des pâtes, des crackers ou autres boissons végétales. En France, le sorgho est utilisé seulement en alimentation animale. Même s’il existe une alimentation humaine dans des marchés de niche avec le sans gluten, celle-ci n’est pas assez répandue pour en faire une farine.

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« S’inspirer des origines pour nourrir demain »

Le passé avec les origines et le futur pour nourrir demain sont intimement lié. Le duo de chez Toomai en est toujours convaincu. Monia Fourar et Edouard Truchelut s’inspirent des origines par l’utilisation de graines ancestrales provenant d’Afrique, berceau de la civilisation. Leur but est de réintroduire dans les assiettes des Français ces graines, trop souvent boudées, en s’inspirant du modèle de consommation de l’époque, proche de la terre, pour aussi lutter contre le réchauffement climatique. Ces graines sont en effet une alternative crédible au maïs, largement convoité pour nourrir le bétail. Pourtant, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers la graine de sorgho, avantageuse dans la régénération des sols selon la chercheur en biologie de la santé. « La biodiversité dans les champs apporte de la biodiversité dans nos assiettes, et protège la faune et la flore ». Ce sont donc 5 recettes qui sont proposées au grand public. Celles-ci, riches en fibres et sources de protéines sont le fruit d’ingénieurs agroalimentaire. Le best-seller reste la Sud Lover, composé d’un petit panais, d’herbes de provence et de figues. Cette recette est plébiscitée par ses goûts classiques au moment de l’apéritif. 

Le frein épidémique se désserre

Le public répond présent, petit à petit et de plus en plus. Mais cette adhésion des consommateurs s’est fait attendre et pour cause. Le premier confinement a stoppé net le lancement de Toomai. Impossible de réaliser des animations dans les magasins et de proposer de nouveaux produits, alors que l’animation commerciale demeure pourtant essentielle pour attirer la clientèle. « Il faut lui expliquer qui on est, notre démarche, et on espère que cet été ou à la rentrée être capable de débuter ces dégustations » explique Monia Fourar. Néanmoins, elle observe des achats et réachats dans les magasins ou sont présents Toomai, ce qui veut dire que l’offre plaît. Cette distribution s’opère principalement dans le berceau de la startup à Montpellier dans les enseignes biocoop, la vie claire, dans des épiceries vrac ainsi que sur leur E-shop, lancé il y a peu. Outre la région Occitanie, ce sont des régions comme la Bretagne et le Grand-Est qui voit arriver les granolas salés des sudistes. Les débuts d’une implantation à l’échelle nationale.

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Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.