Les Niçois, la marque qui se veut porte-drapeau de la gastronomie niçoise

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Il y a 7 ans, Luc Sananes et Olivier Chini ont implanté leur restaurant dans la capitale. Proposant un concept autour de l’esprit sudiste autour de l’apéritif, ils se veulent aujourd’hui les porte-drapeaux de la gastronomie Niçoise en grande distribution. Le 21 Avril, ils ont sorti leur premier livre, avec la Riviera dans le sang.

Ils ont été dépassé par leur succès. Le Niçois d’origine Luc Sananes, et le Niçois de cœur Olivier Chini n’avaient peut-être pas imaginé une telle destinée pour leur projet. Après avoir réussi la partie restaurant, ils ont décidé de se lancer sur différents marchés, parmi eux, Colette.

Après avoir décliné une gamme de produits apéritifs qui reprenait les best-seller de leur restaurant chez le concept store Colette, ils se retrouvent aujourd’hui « victime » de leur réussite. À partir de là, les associés ont eu l’idée de développer leur marque épicerie ainsi que de s’implanter en grande distribution. Présents dans tout le parc Monoprix et dans les Carrefour d’Ile de France, Les Niçois restent affamés et déterminés.

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Une identité sudiste affirmée

La marque niçoise n’est en rien un hasard, elle vient d’une histoire que les deux associés ont voulu raconter. En effet, Luc Sananes, originaire de Nice est l’instigateur de la mise en avant de cette identité, puis Olivier Chini en a été séduit et l’a suivi. « Sur le papier, c’est quand même plus sympa le sud, avec le soleil, la mer, la plage, la chaleur humaine, le rosé, que le gris du nord et de Dunkerque » raconte ce dernier. Ils leur est apparu donc logique de s’axer sur l’image du sud, fédératrice et généreuse, loin des stéréotypes que l’on peut lui prêter. « On a trouvé que l’image niçoise n’était pas assez bien exploité en matière d’ambiance. On a trouvé ça pertinent, d’essayer de se faire le relais de cette Riviera, et de déringardiser les clichés qui peuvent véhiculer ».

Pour ce faire, Les Niçois ont misé sur l’apéritif. Et le concept est simple : « tu arrives, tu prends un verre au bar, tu croises un ami à la table d’à côté, tu picores, tu t’amuses, tu remontes jouer au piano ou tu descends taper une pétanque, c’est notre conception de la restauration, et c’est un modèle qui en ce moment peut être reproduit chez soi ». Le but reste de partager un moment festif autour de l’apéritif, par une gastronomie du goût. Celle-ci se décline d’une gamme de plus de 30 produits, dont des tapenades, des anchoïades, des sardinades, des minis-focaccias, ou des olives. Mais ce catalogue va s’agrandir dans quelques mois avec une commercialisation de nouveaux produits. Au mois de juin, la startup va sortir une quinzaine de nouveaux produits, parmi lesquels figureront un houmous pistou, des tartinables, et des pizzas. La promesse est de proposer du frais, de l’artisanal et de le déployer en GMS ainsi qu’en épicerie, en plus des 1000 points de ventes Français ou Les Niçois proposent leur gamme de gateaux apéros.

Le sec fait désormais une place au frais. L’objectif demeure malgré tout de rester dans le même discours, d’essayer de tenir cette promesse d’avoir les best seller du restaurant au rayon frais et d’en faire partager le plus grand nombre de consommateur. Il sera donc possible de retrouver des pissaladières, des beignets de courgettes, d’aubergines, toute une offre innovante qui apporte un coup de jeune. Adélaide Streiner, responsable marketing, s’attèle donc à être plus imaginative, dans l’optique de faire remarquer la marque et d’offrir au consommateur l’ADN un peu « fofolle », joyeux bordel et de sortir de ce classicisme. La qualité se veut tant sur le goût que sur l’engagement des Niçois. « On essaye de réduire au maximum le plastique, de faire de bons produits sans additifs, sans conservateurs, sans colorants, sains. C’est grâce à ces critères que l’on veut donner plaisir aux clients dans ce moment sacré qu’est l’apéritif ».

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Les Niçois se livrent

L’idée est originale, voire novatrice pour un restaurant : écrire un livre. Pendant le premier confinement, Les Niçois ont réfléchi à un moyen, autre que celui de la dégustation, de faire part de ce qu’ils avaient sur le cœur pour le partager au plus grand nombre. Après 7 ans d’aventures et confronté à la fermeture de leur restaurant, Olivier Chini et Luc Sananes y ont donc vu une opportunité. «  Au-delà de la crise, on a eu un peu plus de temps et on s’est dit, on va quand même s’occuper et on va en profiter pour écrire un ouvrage, pour définitivement poser les bases de notre marque ». Ce livre, Les Niçois, Le Sud c’est mieux (édité chez Flammarion), regroupe l’ensemble des recettes du restaurant, des coups de cœur ainsi que des bons plans de la Côte d’Azur pour un public conquit. « La presse s’y intéresse, on a le sentiment que notre discours à l’air de plaire et qu’il suscite de l’intérêt ».

Le succès de cet ouvrage leur donne l’impression que le travail engagé depuis ces sept années, paye. Fidélisation de la clientèle, communauté de 24000 abonnés sur les réseaux sociaux, consolidation des partenariats et expansion de la marque aux États-Unis forment le bon vaccin contre le covid. Cette concluante ruée vers l’ouest a convaincu les associés de poursuivre le développement de la marque à l’international. « Notre test dans une centaine de magasins Whole Foods de la côte ouest américaine a été réussie. On compte relancer une commande pour être disponible sur l’ensemble du territoire américain grâce à notre tapenade qui devrait arriver d’ici octobre » selon Olivier Chini.

L’objectif est donc tout tracé. Continuer à développer l’épicerie, sans néanmoins négliger le restaurant. Faire grandir l’épicerie d’une part, parce qu’elle représente un bon canal pour une diffusion plus large des produits vendus en restaurant. Au mois de juin chez Monoprix, 15 nouveaux produits seront disponibles, parmi lesquels des pizzas, des croquettes fèves pois chiche et d’autres tartinables. Préserver le restaurant d’autre part, parce qu’il est la vitrine de la marque sudiste. C’est de ce lieu du XIème arrondissement que tout part, la convivialité, la communication, le rassemblement, les lancements produits. Il y a 15 jours, Les Niçois ont fait une dégustation avec les acheteurs frais de monoprix, dans leur restaurant. « C’est plus sympa pour eux et pour nous d’avoir un lieu de vie qui nous serve de support de communication de la marque et de partage ». Le soleil continuera « azurément » de briller sur l’apéritif Niçois.

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Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.