Le tatouage comestible, l'initiative pour supprimer le plastique des rayons fruits et légumes bio

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Les étiquettes pourraient bientôt être remplacées par le Natural Branding qui consiste à tatouer la peau des fruits et légumes au laser. Une innovation qui permettrait de réduire drastiquement les emballages plastiques.

Sur les rayons de la grande distribution, les fruits et légumes bio sont spécifiquement emballés pour les distinguer de leurs équivalents non biologiques. Barquettes, films plastiques, filets, étiquettes… Autant de déchets inutiles et un défi de taille pour le secteur qui cherche à améliorer son empreinte carbone.

Conscients de la problématique de tous ces emballages, deux enseignes, une néerlandaise (Nature’More ) et l’autre suédoise (ICA) ont décidé d’unir leur force pour y mettre fin. Les deux entreprises ont eu la bonne idée de recourir à une technologie déjà utilisée dans l’industrie : le Laser Food, qui reprend le procédé du tatouage. 

Un tatouage comestible pour supprimer le plastique

Cette technique est nommée Natural Branding. Elle consiste à enlever une fine couche de la peau du fruit ou du légume à l’aide d’un faisceau lumineux. La technique est complètement sûre et le tatouage au laser ne nécessite aucune substance supplémentaire pour l’impression. En outre, la méthode est si superficielle qu’elle n’a aucun effet sur le goût, la qualité ou la durée de conservation. Il s’agit donc d’un tatouage comestible.

Approuvé par les autorités européennes en 2013, il commence doucement à être testé sur certains produits aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou en Suède. Cette technique permet aux grandes enseignes de diminuer leurs déchets liés aux emballages et à l’étiquetage des fruits et légumes.

Une initiative similaire chez Delhaize en Belgique

L’initiative donne des idées à d’autres enseignes de la grande distribution en Europe. C’est le cas notamment de la société Delhaize, en Belgique, qui s’est lancé pour objectif d’économiser jusqu’à 13 tonnes de déchets liés au marquage des fruits et légumes commercialisés dans ses enseignes : « pour nous, il est important de réduire au maximum les emballages de nos aliments. Ici, on va permettre, avec le trajet total, d’économiser à peu près treize tonnes d’emballage par an. […] On va pouvoir avoir beaucoup plus de vrac dans nos magasins. […] Le Natural Branding va permettre de dépenser beaucoup moins d’énergie qu’en produisant une étiquette et un emballage plastique. De là, les effets positifs de ce procédé vont au-delà de l’emballage », explique Florence Maniquet, porte-parole de Delhaize, au micro de la RTF.

Ce type marquage laser est pratiqué en Australie et en Nouvelle-Zélande depuis 2009, mais n’a été approuvé par les autorités européennes qu’en 2013. En France, la solution pourrait inspirer d’autres enseignes de la grande distribution.

RSE

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.