Pourquoi le chariot connecté n'a jamais marché (et ce qui change)

Hanshow mise sur l'antifraude et le retail media pour faire décoller le chariot connecté, dix ans après les premiers essais.
Pourquoi le chariot connecté n'a jamais marché (et ce qui change)

Un chariot, un écran fixé sur la poignée, deux caméras braquées vers l'intérieur du bac. Sur le salon de la NRF, c'est l'une des attractions du stand. Philippe Brochard, ancien directeur général d'Auchan Retail France et aujourd'hui président du comité consultatif de Hanshow, s'est prêté à la démonstration, caméra à la main, en jouant le rôle du shopper.

Le produit s'appelle Smart Cart. Il est construit avec deux partenaires, ShopReme pour la couche logicielle et LuckyCart pour la couche retail media. Le montage en dit déjà long sur la thèse défendue : le chariot connecté n'est pas un problème de hardware.

« Le chariot connecté, ça fait probablement 10 ans qu'on en parle. Si le produit ne s'est pas massivement développé, c'est parce qu'il ne trouve pas sa clientèle. Il manque une brique servicielle, il manque une brique fonctionnelle, il manque quelque chose. Donc toute la stratégie qui était la nôtre a été de chercher ce qui manquait. »

La réponse tient en trois blocs : un prix de device abordable, un dispositif antifraude sérieux, et une stack retail media.

Le parcours ressemble à une scannette, en plus bavard

Le client libère son chariot avec sa carte de fidélité, exactement comme il libère une scannette. Il peut scanner sa liste de courses griffonnée à la maison, activer la géolocalisation produit, et si le magasin est équipé de l'écosystème d'étiquettes électroniques de la marque, déclencher le pick-to-light en rayon.

C'est au scan du premier produit que le modèle économique apparaît. Une vidéo se déclenche pour expliquer le produit. Un bandeau annonce que trois bouteilles achetées donnent droit à un jeu. Un coupon personnalisé tombe.

« Parce que le client a été reconnu au moment de la libération du Smart Cart, en fait l'adaptation du cas retail media, si c'est une certaine tranche d'âge, ça peut être deux produits achetés, une autre tranche d'âge ça peut être trois produits achetés. Donc ça permet vraiment une customisation extrême des cas d'usage client. »

Reste la question que tout le monde pose : pourquoi un écran de plus alors que chacun a déjà le sien dans la poche.

« Chacun a une relation très personnelle à son téléphone. Certains ne veulent pas faire leurs courses avec. Certains veulent continuer à utiliser WhatsApp, WeChat. Vous avez des clients qui écoutent un podcast avec leur téléphone pendant qu'ils font leurs courses. La réalité c'est que l'ergonomie d'un Smart Cart permet un confort de course et d'engagement du consommateur qui est bien plus important. »

La fraude, le vrai sujet du distributeur

Sur le terrain, la démarque décide de l'adoption d'un dispositif de self-scanning bien plus que l'expérience client. Les caméras filment en continu l'intérieur du bac.

« La fraude est endémique, et donc évidemment il faut se poser la question : si j'ai un client qui met un produit dans le chariot et qu'il ne l'a pas scanné, qu'est-ce qui va se passer ? »

Deux options. Alerte immédiate, au risque d'être intrusif et anxiogène pendant les courses. Ou consolidation des anomalies en fin de parcours. Une troisième arrive : une génération de chariots embarquant un système de pesée, pour croiser le contrôle visuel et le contrôle de poids.

Le paiement peut se faire directement sur le chariot, ou rester sur le schéma français classique du retour en caisse automatique. Le ticket part dans le programme de fidélité.

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