La casse et le dernier kilomètre, deux leviers silencieux que les magasins ne peuvent plus ignorer en 2026

Pour un hypermarché de 50 millions de chiffre d'affaires, la casse représente 550 000 euros par an. Un magasin qui gère intelligemment son anti-gaspillage sur tous les leviers peut générer 430 000 euros d'économie par point de vente.
La casse et le dernier kilomètre, deux leviers silencieux que les magasins ne peuvent plus ignorer en 2026

En 2026, la grande distribution fait face à deux pressions silencieuses : des invendus qui partent à la benne faute de pilotage, et une livraison à domicile qui doit encore tenir ses promesses logistiques. C'est le constat qui a ouvert le webinar co-organisé par Phenix et Shopopop, animé par Jonathan Le Borgne, éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Dans un marché toujours plus concurrentiel, les leaders du retail ne choisissent plus entre impact et profit : ils font de la responsabilité un moteur de performance durable.

430 000 euros d'économie par magasin : le potentiel réel de l'anti-gaspillage

Bastien Wettstein, responsable des partenariats chez Phenix, a posé les chiffres sur la table dès l'ouverture. « Pour un supermarché de 15 millions de chiffre d'affaires, la casse représente 200 000 euros par an. Pour un hypermarché de 50 millions, ça représente 550 000 euros. » Un produit jeté engendre des frais de traitement des biodéchets estimés à 250€ par tonne (incluant collecte, traitement et location de bac)"

Mais le renversement de perspective est là. « Un magasin qui va gérer intelligemment son anti-gaspillage sur tous les leviers va pouvoir générer 430 000 euros d'économie par point de vente. » L'objectif affiché par Phenix : atteindre un taux de revalorisation de 82 %, soit le niveau moyen déjà atteint par le top 50 des magasins les plus performants en France — ce qui revient à ne jeter que 18 produits sur 100 bippés en casse.

Ce chiffre change la perspective : l'anti-gaspillage n'est plus un poste de bonne conscience, c'est un centre de profit. « On a des points de vente avec qui on travaille depuis maintenant 10 ans, qui ont été capables de réduire quasiment à zéro leur coût de biodéchets. On peut aller chercher 90%, mais il faut vraiment que ça soit un projet d'entreprise avec une réelle volonté et une priorisation. »

Quatre piliers, un arbitrage quotidien

L'anti-gaspillage ne s'improvise pas. Bastien Wettstein décrit une architecture précise autour de quatre leviers. Le premier, le plus rentable : « la vente à date courte, qui a pris 29 % en deux ans » sous l'effet de l'inflation. Il s'agit d'identifier les produits à J-3, J-2 et de les mettre en avant — mais surtout de « dynamiser cette zone tous les jours, remettre en ordre, faire du globalisage, l'idée c'est de la faire vivre au quotidien pour que les produits trouvent preneur ».

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