CDI, ancienneté, âge moyen… Les chiffres qui contredisent tous les clichés sur l'emploi dans la grande distribution

CDI, ancienneté, âge moyen… Les chiffres qui contredisent tous les clichés sur l'emploi dans la grande distribution

Emplois précaires, turn-over permanent, interim.. : le commerce alimentaire traîne une réputation tenace. Celle d'un secteur de passage, où l'on ne fait que transiter en attendant mieux. Pourtant, les chiffres racontent une histoire radicalement différente. 90% de CDI, 11,8 ans d'ancienneté moyenne, 38,4 ans d'âge moyen : bienvenue dans la réalité méconnue de l'emploi dans la grande distribution alimentaire.

Le grand écart entre perception et réalité

Demandez autour de vous ce que les gens pensent du travail dans la grande distribution. Vous entendrez probablement parler de contrats courts, de temps partiels subis, de jeunes qui enchaînent les CDD en espérant décrocher quelque chose de « sérieux » ailleurs. L'image est ancrée : la grande surface, c'est le job alimentaire par excellence, au sens littéral du terme. Pas une carrière, juste une étape.

Les données d'une récente étude viennent percuter de plein fouet cette représentation. Dans le commerce alimentaire généraliste, 90% des salariés sont en CDI. Neuf sur dix. Ce n'est pas un secteur de passage : c'est un secteur où l'on reste.

L'ancienneté moyenne le confirme : 11,8 ans. Presque douze années passées dans la même entreprise, dans le même secteur. Un chiffre légèrement supérieur à la moyenne nationale de 11 ans. Là où le discours ambiant célèbre l'agilité professionnelle, le changement fréquent d'employeur comme signe de dynamisme, le commerce alimentaire cultive la stabilité.

90% de CDI : un modèle d'un autre temps ?

Dans une économie où la norme semble devenir la flexibilité maximale, l'uberisation des rapports de travail, les contrats courts et les statuts précaires, le commerce alimentaire fait figure d'exception. 90% de CDI, c'est un taux que peu de secteurs peuvent revendiquer.

Ce n'est pas de l'angélisme. Le CDI n'est pas une garantie de paradis professionnel. Mais c'est la base : la sécurité de l'emploi, la possibilité de se projeter, d'emprunter pour acheter un logement, de construire quelque chose sur la durée. Des choses devenues presque banales à force d'en parler, mais qui restent le socle d'une vie stable.

Ce taux massif de CDI s'explique par la nature même du métier. Un supermarché, ça ne fonctionne pas avec des équipes qui changent tous les trois mois. Il faut connaître les produits, les rayons, les flux, les fournisseurs. Il faut construire une équipe, instaurer des routines, créer de la cohésion. Le turn-over permanent, c'est l'ennemi de la performance dans le commerce alimentaire.

Alors oui, il y a des CDD, des contrats étudiants, des renforts saisonniers. Mais la colonne vertébrale des équipes, celle qui tient les magasins au quotidien, elle est en CDI. Massivement.

11,8 ans d'ancienneté : on ne vient pas "juste passer"

Onze ans et dix mois. C'est long. Suffisamment long pour voir plusieurs plans de restructuration, plusieurs changements de direction, plusieurs modes managériales passer. Suffisamment long pour avoir formé des dizaines de nouveaux arrivants, pour avoir changé de poste une ou deux fois, pour avoir tissé de vraies relations professionnelles.

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