Les chiffres sont sans appel. Alors que les produits du quotidien maintiennent tant bien que mal une croissance symbolique, les produits emblématiques des repas de fêtes ont connu un recul significatif en cette fin d'année 2025. Une tendance qui illustre, une fois de plus, la mutation profonde de la consommation française.
Une croissance en trompe-l'œil pour les PGC+FLS
Sur l'ensemble de l'année 2025, les Produits de Grande Consommation et le Frais Libre-Service (PGC+FLS) affichent une progression de leur chiffre d'affaires de +1,9%, selon les données de l'institut Circana. Mais ce chiffre masque une réalité bien moins réjouissante.
La croissance en volumes ne dépasse pas +0,9%, ce qui signifie que l'essentiel de la progression du CA provient d'un reliquat d'inflation des prix. En d'autres termes, les Français achètent à peine plus qu'en 2024... mais payent davantage.
Cette dynamique morose s'explique par deux facteurs structurels : une croissance démographique atone (environ +0,4% par an depuis près d'une décennie) et des restrictions de pouvoir d'achat qui touchent une part croissante des ménages. La "dé-consommation" – qu'elle soit choisie ou subie – n'est plus une hypothèse : c'est une réalité mesurable.
Les fêtes de fin d'année : un arbitrage brutal
Dans ce contexte tendu, les fêtes de fin d'année étaient scrutées de près par les observateurs du secteur. Le verdict est tombé, et il est sans appel.
Les produits typiques des repas de fêtes ont vu leur chiffre d'affaires reculer de -4,4% par rapport à l'année précédente. Même si les enseignes ont proposé des prix plus compétitifs, cela n'a pas suffi : les volumes ont chuté de -3,4%, confirmant que les Français ont bel et bien réduit la voilure.
Si la morosité ambiante – crises internationales, tensions géopolitiques – a pu jouer un rôle, c'est surtout l'incertitude économique et les contraintes budgétaires qui expliquent cette déconsommation festive. D'ailleurs, un indicateur vient contredire la thèse du "blues généralisé" : la première semaine de janvier 2026 enregistre une croissance de +5% en valeur, portée par l'arrivée des nouveaux salaires sur les comptes bancaires.
Des arbitrages révélateurs entre Noël et Nouvel An
L'analyse semaine par semaine révèle un phénomène particulièrement intéressant : les consommateurs ont clairement arbitré entre les deux temps forts de fin d'année.
- Semaine 50 (mi-décembre) : -9,9% de CA
- Semaine 51 (Noël) : -14,7% de CA
- Semaine 52 (Nouvel An) : +4,4% de CA
- Semaine 1 (début janvier) : +5,0% de CA
Le constat est clair : les ménages ont privilégié le réveillon du Nouvel An au détriment de celui de Noël, période où s'ajoutent les dépenses en jouets et cadeaux. Face à des budgets contraints, ils ont fait des choix stratégiques, concentrant leurs efforts sur un seul moment festif plutôt que deux.
Quels produits ont le plus souffert ?
Parmi les catégories les plus emblématiques des fêtes, toutes ou presque ont reculé :