« Il faut aimer la rigueur allemande et les procédures » : les professionnels racontent le transfert de Leader Price vers Aldi

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Aldi a accéléré la transformation des anciens magasins Leader Price. Derrière les façades, des milliers de salariés sont concernés par ces changements.

Le transfert d’enseigne de Leader Price vers l’enseigne Aldi n’est pas un changement qui implique seulement de remplacer l’enseigne lumineuse sur la façade du magasin. Des milliers de salariés sont également bousculés avec comme conséquence un changement d’organisation, de nouvelles méthodes de travail et un temps d’adaptation.

Tous nourris d’inquiétudes face aux changements, ils nous racontent ici comment s’opère cette transition.

Leader Price / Aldi : le grand remplacement

Le remplacement des magasins Leader Price pour passer sous pavillon Aldi impose des milliers de grands changements. Si l’acquisition n’est en soi par la première fois dans l’Histoire de la grande distribution, c’est toujours une page qui se tourne pour certains professionnels attachés à leur travail : « c’est une page se tourne après plusieurs années passées chez Leader Price », commente cette salariée du magasin, « ça fait toujours un petit pincement au cœur ».

L’enseigne allemande a annoncé cette semaine la liste des magasins concernés par le remplacement au mois de juin (voir plus bas). Au total ce sont près de 70 magasins, preuve qu’Aldi ne ménage pas ses efforts pour procéder à cette mue.

Chaque remplacement dure environ une semaine, du lundi au samedi généralement. L’opération de transformation est confiée en partie à des ouvriers ; des salariés du magasin sont également sollicités : « je fais partie des deux réceptionnaires qui restent au magasin pour charger et décharger les camions. Les horaires c’est en effet de 7h à 20h tous les jours jusqu’à samedi durant l’opération de remplacement », explique d’ailleurs l’un d’eux.

L’organisation et la rigueur allemande

Le quotidien des professionnels concernés est lui également largement bousculé. Cela « implique de gros changements, mais pour le moment l’enseigne nous laisse le temps de trouver notre organisation », explique cet employé.

Tous racontent une transition qui nécessite beaucoup d’efforts pour s’adapter au travail et aux méthodes de l’enseigne allemande : « j’y suis depuis 3 semaines. Le transfert a été rapide et franchement je m’attendais à pire en arrivant chez Aldi ! Certes, la cadence est exigeante, mais on s’y fait », explique une employée.

D’autres mettent plus de temps pour se caler à l’organisation allemande : « la transition est très dure. Les cadences sont intenses, il faut être partout en même temps », raconte ici un ex de Leader Price qui a connu l’enseigne durant 26 ans, « dès les premiers jours, on est dans le vif du sujet. On apprend sur le tas et les journées sont très denses pour tout assimiler. Il faut voir avec le temps », finit-il par se réconforter.

Pour cet autre salarié, le constat est le même : « au début, c’est forcément un peu compliqué de connaître les codes fruits et légumes et ceux de la viennoiserie, mais c’est comme tout au bout d’un moment ça rentre tout seul », rassure-t-il tout en expliquant le rythme imposé par l’enseigne, « la cadence est un plus rythmé que chez Leader Price, il n’y a pas une minute où tu ne fais rien », termine-t-il.

D’autres se veulent plus rassurants : « c’est clair que c’est un rythme à prendre, une organisation à avoir. Par contre, c’est beaucoup d’adrénaline au quotidien comparé à avant. L’enseigne veut que ça bouge, on n’a pas le temps de s’ennuyer  », comment l’un d’eux, « il faut aimer la rigueur allemande et les procédures. Cela dit cela semble être une très bonne enseigne, même si on ne rigole pas tous les jours ».

La quête de productivité et le pilotage par la VHP

Dans tous les témoignages reçus, nombreux ont évoqué la VHP (la valeur horaire par personne) qui semble prendre une mesure importante au sein des magasins et qui promet des primes tous les 3 mois en cas de bonnes performances : « la VHP impose d’en faire toujours plus, mais avec moins d’heures. La seule motivation c’est le montant des primes qui est très intéressant ». 

Pour réduire le volume horaire, l’enseigne allemande impose sa rigueur et son goût des procédures pour faire fonctionner ses magasins : « Aldi c’est clairement une organisation à part en grande distribution : la polyvalence est de rigueur, faut “charbonner”, les moments d’inactivité sont rares », explique un ex-salarié de l’enseigne tout en expliquant, « il faut suivre des procédures précises, tout est calé pour ne pas perdre de temps ».

La liste des magasins Leader Price qui passe sous Aldi en juin

Auvergne-Rhône-Alpes

  • Saint-Marcel-lès-Valence (Zone de Laye Échangeur ; 26320)
  • Ugine (25 av. Jean Marie Meunier ; 73400)
  • Moulins (21/25 Cours de Bercy ; 03000)
  • Saint-Just-Saint-Rambert (198 bd Jean Jaurès ; 42170)

Bourgogne-Franche-Comté

  • Semur-en-Auxois (Rue du Commandant l’Herminier ; 21140)
  • Quetigny (Zac des Charriers – Bd du Grand Marché ; 21800)
  • Migennes (6 & 10 av. Jean Jaurès – Lieu-dit les Écoles ; 89400)

Centre-Val de Loire

  • Saran (Centre Commercial – Zone des 100 Arpents – Rue André-Marie Ampère ; 45770)
  • Vineuil (Lotissement d’activité ; 41350)

Hauts-de-France

  • Halluin (Route de Roncq ; 59250)
  • Lezennes (Rue Chanzy ; 59260)
  • Nogent-sur-Oise (112 av. de l’Europe ; 60180)
  • Laigneville (Route départementale 916A ; 60290)

Île-de-France

  • Paris (16 rue Louis Braille ; 75012)
  • Paris (154 bld de Charonne ; 75020)
  • Savigny-le-Temple (Parc d’activité Les Routoires ; 77176)
  • Verneuil-l’Étang (CC rue Marcel Sembat ; 77390)
  • Saint-Germain-sur-Morin (Route de Paris ; 77740)
  • Rosny-sous-Bois (Zac de Nanteuil ; 93110)
  • Livry-Gargan (14/16 rue Eugène Masse ; 93190)
  • Romainville (9 rue Paul Doumer ; 93230)
  • Pantin (Impasse d’Aubervilliers ; 93500)
  • Joinville-le-Pont (59, rue Gallieni ; 94340)
  • Vitry-sur-Seine (21 av. Maximilien Robespierre ; 94400)
  • Chennevières-sur-Marne (13 rue du Belvédère ; 94430)
  • Le Mesnil-le-Roi (105 avenue de Poissy ; 78600)

Normandie

  • Aunay-sur-Odon (3, place du marché ; 14260)

Nouvelle-Aquitaine

  • Angoulême (548 route de Bordeaux ; 16000)
  • Champniers (Z.A. Les Montagnes ; 16430)
  • Ruffec (Les Champs de Longchamp ; 16700)
  • Angoulins-sur-Mer (Zac Les Ormeaux ; 17690)
  • Objat (11 av. Georges Clémenceau ; 19130)
  • La Roche-Chalais (2, avenue de Charente ; 24490)
  • Bordeaux (99 bd Albert 1er ; 33000)
  • Villenave-d’Ornon (539 route de Toulouse ; 33140)
  • Saint-André-de-Cubzac (La Garosse Est, Chemin de Perrot ; 33240)
  • Blaye (112 rue de l’Hôpital ; 33390)
  • Pessac (C.C. Formanoir ; 33600)
  • Mont-de-Marsan (Bd Jean Larrieu ; 40000)
  • Nérac (Lieu-Dit “Laiguillon” – Route de Lavardac ; 47600)
  • Bayonne (Place des Gascons ; 64100)
  • Niort (Espace Mendès France ; 79000)
  • Châtellerault (26 rue Louis Blériot – BP 425 ; 86104)
  • Saint-Benoît (29, rue du Panier Vert ; 86280)
  • Saint-Junien (Z.I. Les Martines ; 87200)
  • Couzeix (Zac de Buxerolles ; 87270)

Occitanie

  • Foix (Z.I Labarre rue Alse Labarre ; 09000)
  • Pamiers (Route de Mirepoix ; 09100)
  • Carcassonne (Lotissement des Romains – Rue de la Place ; 11000)
  • Beaucaire (Angle RN 99/908 Chemin Communal du Clapas de Cornut ; 30300)
  • Toulouse (41 av. Jean Moulin Quartier Empalot ; 31400)
  • Vernet (3, Place Paul Muret ; 31810)
  • Cazouls-lès-Beziers (ZAE Saint-Julien ; 34370)
  • Beziers (Route de Bessan ; 34500)
  • Balaruc-le-Vieux (C.C. Balaruc Loisirs – Lot n° 26 ; 34540)
  • Cabestany (Mas Guerido – 6 Rue Gay Lussac ; 66330)
  • Castres (152 rue Sœur Audenet ; 81100)

Pays de la Loire

  • Rezé (Rue Ernest Sauvestre ; 44400)
  • Saint-Herblain (277, route de Vannes ; 44800)
  • Ruaudin (La Lande du Camp ; 72230)

Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Marseille (12 Av. des Poilus ; 13013)
  • Marseille (11 bd de Paris – 5 rue de Forbin ; 13002)
  • Gardanne (Avenue du Pont de Peton ; 13120)
  • Fos-sur-Mer (C.C. Les Vallins ; 13270)
  • Salon-de-Provence (Avenue de Wertheim ; 13300)
  • Rognac (Lieu-dit de la Figuière ; 13340)
  • Martigues (Angle Quai Alsace Lorraine/Bd Mongin – Imm. Le Rond-Point ; 13500)
  • Forcalqueiret (Zac des Fontaines ; 83136)
  • Hyères (Place Vicomtesse de Noailles ; 83400)
EnseigneMétier

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.