« La Bio c’est d’abord un projet de société » : comment Biocoop soutient une forte croissance en France

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Le patron de Biocoop revient dans un échange sur la place du bio en France, la déception suite au rachat de Bio C Bon par Carrefour et sur les projets de l’enseigne dans les années qui viennent. Un entretien exclusif qu’il nous a accordé.

Pierrick De Ronne, le président de Biocoop, m’a reçu dans son bureau parisien. Dans cet échange enregistré que vous pouvez retrouver sous le format du podcast ici, nous avons pu échanger sur la place de l’enseigne dans le paysage de la distribution alimentaire.

Un label Bio bousculé

L’enseigne Biocoop se porte bien en France. Présente sur le territoire avec plus de 670 magasins en France et près de 70 ouvertures chaque année, l’enseigne spécialisée s’est fait une place de choix dans le paysage de la distribution alimentaire. Leader du segment, l’enseigne porte haut les valeurs invitant les consommateurs à changer leur mode de consommation et à repenser l’impact de cette consommation sur l’économie locale.

Fort de cette croissance, sous fond de confinement, l’année 2020 a encore accéléré cette perspective positive : « le premier confinement a mis en exergue beaucoup d’attente des consommateurs, notamment le local, l’alimentation de qualité, les circuits courts, le lien avec la production, la crise a été un accélérateur de ce mouvement », indique Pierrick de Ronne.

En France, le bio a une place de choix dans l’esprit des consommateurs. Soutenu d’ailleurs par le label Agriculture Biologique, en parallèle du label européen, le label AB est « très présent et très reconnu dans l’esprit des consommateurs ». Chez Biocoop, l’ambition est « d’aller au-delà du cahier des charges technique de production », explique le président, « la bio ce n’est pas du conventionnel sans pesticides. Il y a une démarche sociale, des démarches autour du bien-être animal, des questions d’équité et de répartition de la valeur et du respect des producteurs », insiste-t-il.

Écouter le podcast avec Pierrick De Ronne.

La déception sur le dossier Bio C Bon

Sur le dossier de rachat de l’enseigne Bio C Bon, le président a pointé une déception légitime suite au choix du tribunal de Commerce de choisir Carrefour pour la reprise des magasins : « il y a de la déception évidemment. On a travaillé pendant de longs mois et sincèrement on y a cru », reconnaît Pierrick De Ronne tout en ajoutant que l’enseigne était « dans une démarche de reprise de 100% des salariés, on avait beaucoup travaillé sur la continuité de l’activité. On était les seuls avec Marcel & Fils à garantir que ces magasins restent 100% bio ».

« Il y avait un enjeu non hégémonique que ces spécialistes restent des spécialistes. Il y avait une logique que ça n’aille pas dans la grande distribution. »

Le dossier n’entame toutefois pas les projets de l’enseigne : « on continue à se développer, on ouvre 70 magasins », complète le président. Il regrette néanmoins le choix pour Carrefour « pour la structuration du marché, la concentration capitalistique, ce n’est pas une bonne nouvelle. Biocoop embarque avec lui tout un écosystème totalement différent que celui de la GMS », insiste-t-il. Chez Biocoop, 93% des fournisseurs sont des TPE/PME.

Zéro déchet, développement de la consigne et du ecommerce : les projets de Biocoop pour 2021

Biocoop poursuit son développement en France en se démarquant de la concurrence et surtout en étant pionnier sur les changements de comportements des consommateurs : « on a toujours traité la question du déchet », reconnaît Pierrick De Ronne, « le meilleur déchet reste celui qu’on ne produit pas. Le développement du vrac en fait partie ».

L’enseigne travaille également sur le sujet de la consigne. Après des initiatives locales « peu rentables », « l’enjeu de demain est de passer à l’échelle, en incluant à la fois partenaire et en intégrant une standardisation des bouteilles », sans quoi son développement devient difficile.

Enfin, l’enseigne Biocoop parie également sur le ecommerce pour soutenir son développement : « nous avons développé le ecommerce depuis un an et un quart du réseau est connecté », explique-t-il tout en souriant que « le confinement a montré qu’il était temps qu’on s’y mette ». Le président de l’enseigne reconnaît également avoir « encore du chemin pour aboutir à un service complet ». Sur son site ecommerce, « le vrac marche très bien. Les fruits et légumes et produits locaux seront intégrés au fur à mesure ».

Enseigne

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.