Comment la grande distribution digitalise ses relations avec les producteurs locaux

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

La grande distribution poursuit sa mutation numérique dans un contexte accéléré par la crise sanitaire. L’essor des circuits courts et la volonté des magasins à faire tourner l’économie locale renforcent les relations entre les distributeurs et les producteurs. Outils digitaux à l’appui.

En voilà un défi “so 2020”. Fini le cadencier papier et le crayon sur l’oreille, les enseignes de la grande distribution se mettent à l’heure du digital. De la gestion des commandes, au suivi des stocks en passant par les relations avec les producteurs locaux, des solutions digitales existent.

Nous avons interrogé deux professionnels des rayons fruits et légumes, Hermann Bernard, adjoint au chef de rayon au E.Leclerc de Pontchateau et Steven Michel, chef de rayon au E.Leclerc de Saint-Nazaire, afin de comprendre l’évolution de leur métier et comment ils digitalisent leurs relations avec les producteurs locaux.

Les chefs de rayons fruits et légumes face au défi de séduire les nouveaux consommateurs

Dans un grand sondage que nous avons mené, nous avons obtenu le retour de 642 chefs de rayon et directeurs. Tous sont soucieux de donner une nouvelle orientation à leur métier en misant sur le local et la qualité.

Pour 9 chefs de rayon sur 10, la qualité des produits est la principale préoccupation : « le comportement des clients a changé», confirme Hermann Bernard, adjoint au responsable du rayon fruits et légumes du E.Leclerc de Pontchateau (44), « les clients sont plus dans la saisonnalité. Au quotidien, nous sommes plus tranchants qu’avant. Par exemple, les abricots en novembre, c’est non », complète-t-il.

Pour Steven Michel, le constat est sensiblement le même, « on nous demande d’acheter français et les gens réclament du made in France », assure-t-il, « certes ça coûte plus cher pour les clients, mais on y gagne en qualité ».

Dans notre enquête, le poids de l’offre locale reste inférieur à 10% pour 49% d’entre eux. 37% confirment que cette offre représente 11 à 25%. Rares sont les magasins (12%) à proposer plus de 25% de produits locaux sur leurs étals. 

« Notre priorité c’est le local et la qualité »

Hermann Bernard, adjoint-chef de rayon Fruits et Légumes

La qualité des produits, première préoccupation des chefs de rayon

Dans ce secteur en pleine transformation, le métier de chef de rayon fruits et légumes figure parmi ceux qui ont le plus changé ces dernières années. 

Face à des consommateurs plus exigeants, au développement de l’offre local et « aux tendances des émissions culinaires qui modifient l’offre des rayons », conforte Hermann, les rayons fruits et légumes poursuivent l’impératif de miser sur la qualité. 86% des chefs de rayon interrogés expliquent que la qualité est en effet la priorité dans leur quotidien : « dans “qualité” je mets le goût, l’odeur, le visuel, la saison », précise Hermann Bernard.

Parmi les préoccupations des chefs de rayon, suivent la satisfaction client – qui va de pair avec le premier indicateur -, puis le gaspillage alimentaire. Ce dernier point semble un enjeu de taille, poussé par les accompagnements proposés par des start-up telles que Phenix ou encore Zéro Gâchis.

Pour la suite des points à retenir, les marges figurent toujours importantes pour 61,7%. Développer le local est une préoccupation pour 54,8% des chefs de rayon

Consentio digitalise la communication entre producteurs et magasins.

Dans la façon de travailler, les époques se suivent, les méthodes traditionnelles restent mais tendent à évoluer : « j’utilise encore le cadencier papier », nous explique Steven Michel à Saint-Nazaire, « mais je complète ma gestion avec l’outil Consentio », une solution digitale qui met en relation les producteurs et les chefs de rayon, « plutôt qu’un simple mail, on a accès en temps réel à la plateforme depuis notre téléphone et on commande directement ».

Même utilisation pour Hermann à Pontchâteau avec Consentio, dont la solution est implantée dans de nombreux Leclerc de l’ouest de la France : « entre magasin et producteurs, on s’aide », insiste-t-il, « ils sont là quand on a besoin d’eux et inversement, on est là quand ils ont besoin de nous ». Au quotidien, l’adjoint au chef de rayon utilise d’ailleurs la solution pour sa facilité de communication entre les deux parties : « avec Consentio, je peux avoir un contact direct avec eux », explique-t-il, « si j’ai une question, mon fournisseur me répond avec réactivité depuis l’application ».

Consentio propose également d’autres fonctionnalités : « on peut facilement comparer les cours et les prix entre producteurs », expliquent les deux responsables pour qui la plateforme d’échange présente l’avantage de gagner en réactivité et en productivité.

En somme, les métiers de la grande distribution évoluent en même temps que la transition numérique s’accélère. Tous les métiers et toutes les générations sont concernés. Une bonne nouvelle qui va dans le sens de proposer la meilleure expérience possible aux consommateurs.

Pour les contacter : Bmotais ( @ ) consentio.co ou 06.42.22.99.98

Autres résultats de notre enquête auprès de chefs de rayon Fruits et Légumes

À la question, comment communiquez-vous avec vos producteurs locaux ? 71,7% ont recours au téléphone. 15,3% en face à face. 4,3% par mail.

À la question, comment évaluez-vous vos relations avec la centrale ? 46,5% assurent avoir de «très bonnes » relations. 38,9% des relations « moyennes ». 3,3% de « mauvaises » relations.

À la question, qu’est-ce qui vous permettrait d’améliorer votre marge ? (plusieurs réponses étaient possibles) : 70,5% moins de gaspillage. 61,7% une meilleure qualité des produits centrale. 39% une meilleure qualité provenant des produits directs. 24,2% une meilleure productivité. 14,9% une meilleure information produit.

RSE

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.