OUIDROP lève 7 millions d'euros pour faire du retrait autonome le nouveau standard du drive alimentaire

Le Dropper, système robotisé tri-température installé chez E.Leclerc, Intermarché et Coopérative U, va passer de 15 à 40 unités déployées d'ici fin 2026.
OUIDROP lève 7 millions d'euros pour faire du retrait autonome le nouveau standard du drive alimentaire

La scale-up bordelaise OUIDROP annonce une levée de fonds de 7 millions d'euros en série A. Son fondateur Thibault Soulier était déjà passé sur le podcast — et ce qu'il décrivait alors comme une conviction est en train de devenir une réalité industrielle. Un tour de table mené par Xplore by Épopée Gestion et SWEN Capital Partners, aux côtés de GSO Innovation, du Crédit Agricole et de l'investisseur historique Spring Invest. L'objectif affiché est clair : industrialiser, accélérer et innover. Pour une entreprise qui coche déjà trois partenariats avec les grandes coopératives françaises — E.Leclerc, Intermarché et Coopérative U — c'est un signal fort envoyé à tout un secteur.

Un robot de retrait qui tient sur 30 m²

Le cœur de la proposition d'OUIDROP, c'est le Dropper : un automate tri-température capable de stocker et distribuer des commandes alimentaires en sec, frais et surgelé, 24h/24 et 7j/7, sur une surface de 30 à 50 m² seulement. La machine traite jusqu'à 150 commandes par jour avec une continuité de service supérieure à 99 %. Elle s'installe en intérieur comme en extérieur, sans reconfiguration majeure du magasin. Sur un marché du drive alimentaire qui pesait 13,6 milliards d'euros en France en 2025, cette compacité est un argument décisif pour des enseignes qui cherchent à optimiser chaque mètre carré.

Marc Mongis, associé et directeur technique, résume la singularité de l'offre : « Nous avons développé une expertise rare, alliant robotique, informatique, mécanique et technologies du froid. »

De 15 à 500 unités : la feuille de route

Avec cette série A, OUIDROP structure sa trajectoire autour de trois axes. D'abord, l'industrialisation : l'entreprise déménage vers un nouveau site de 3 000 m² à Bruges, en périphérie de Bordeaux, pour monter en capacité jusqu'à 20 Droppers produits par mois. Ensuite, le commercial : les 15 installations actuelles doivent atteindre 40 unités déployées fin 2026, avec un horizon de 500 unités en Europe d'ici 2030. Enfin, la R&D, pour affiner les fonctionnalités existantes et explorer de nouveaux débouchés — colis, retail non-alimentaire, logistique urbaine.

Paul Ponsar, associé et directeur général, formule l'ambition sans détour : « Cette série A nous donne les moyens de nos ambitions : accélérer en France puis en Europe, développer notre nouvelle usine, continuer à innover et structurer une équipe à la hauteur de notre trajectoire. » Des recrutements sont déjà annoncés pour étoffer l'équipe actuelle de 50 collaborateurs.

Ce que les investisseurs ont acheté

Ce qui a convaincu Épopée Gestion — fonds ancrés sur les territoires — c'est autant le modèle économique que sa dimension locale. Vladimir Bolze, associé chez Épopée, pointe une logique de sobriété : « En rapprochant le point de retrait du lieu de vie, le Dropper s'inscrit naturellement dans une logique de consommation plus sobre et plus locale. » Chez SWEN Capital Partners, Yassine Merzagui retient la robustesse opérationnelle : « La solidité de leur feuille de route produit et leur forte maîtrise opérationnelle en font un investissement pleinement cohérent. »

Pour Thibault Soulier, fondateur, l'enjeu dépasse la levée elle-même : « Notre ambition est claire : faire du Dropper et des solutions autonomes un nouveau standard du parcours des courses du consommateur. »

Le retrait autonome n'est plus un pari sur l'avenir. Il est en production, chez les grandes enseignes, avec une date de livraison.