Si les chiffres définitifs de la saison des fêtes 2024-2025 ne seront connus que dans quelques jours, les premières tendances et les témoignages des professionnels de terrain confirment déjà une transformation majeure des habitudes de consommation festive. Entre recul des produits traditionnels sur le début de saison et explosion de la raclette, les enseignes doivent repenser leur stratégie commerciale pour les fêtes de fin d'année.
Dans les coulisses de la grande distribution, le constat est unanime. « Nous on a vendu moins de foie gras frais que d'habitude. Mes collègues et confrères du frais ont remarqué une forte hausse sur la raclette et la charcuterie », témoigne un manager de rayon. Un témoignage parmi des dizaines d'autres qui confirment une tendance de fond : Noël 2025 marque un tournant dans les comportements d'achat des Français.
Un début de saison en net recul
Les premières données NielsenIQ, portant sur le début de la saison festive 2025, dressent un constat préoccupant. Entre le 4 novembre et le 14 décembre 2025, les produits festifs ont enregistré une chute de -4% en chiffre d'affaires et surtout -8% en volume d'unités de consommation vendues. Une baisse significative qui s'est confirmée semaine après semaine, malgré l'espoir d'un rattrapage sur les trois dernières semaines, période qui concentre traditionnellement 40% des ventes.

« Avec 8% de baisse de chiffre d'affaires au niveau national sur les trois premières semaines, les magasins savaient qu'ils allaient se retrouver avec des stocks importants », alerte un professionnel du secteur. Un constat d'autant plus préoccupant qu'il intervient après des années 2023 et 2024 déjà marquées par l'inflation. « Dans certains magasins, l'impact sera significatif, particulièrement là où la gestion des rayons est moins rigoureuse », renchérit un autre manager.
Sur le terrain, les gestionnaires de rayons observent des situations contrastées mais révélatrices. « Cette année nous avons considérablement réduit notre gamme de foie gras car l'an passé il nous en restait beaucoup trop », confie un responsable.
« Les chocolats comme le saumon, nous en avons encore beaucoup. Les réapprovisionnements pour le Nouvel An se sont fait au compte-goutte. On a limité ainsi les pertes financières mais on risque encore de jeter 5000 € de saumon ou de foie gras cette année… »
La gestion des stocks, un casse-tête pour les enseignes
Face à cette baisse d'activité en début de saison, les stratégies divergent selon les magasins. Certains ont fait le choix radical de réduire les volumes commandés dès le départ. D'autres se retrouvent avec des stocks importants :
« Chez nous, le foie gras se vend correctement, il ne nous reste pas grand-chose car on a moins commandé. Le saumon a été bradé car les ventes ne décollaient pas. En revanche, la raclette a été prise d'assaut : deux têtes de gondole complètement vidées, le rayon charcuterie dévalisé », témoigne un gestionnaire.