RSE

Des coachs en magasin pour réduire la casse dans les rayons

Le gaspillage alimentaire s’annonce comme le combat de l’année.
Des coachs en magasin pour réduire la casse dans les rayons

En ce 11 février, jour d’anniversaire de la loi Garot, nous sommes allés comprendre les enjeux des magasins pour réduire leurs invendus. Rencontre avec Hervé Bertin, adhérent de l’Intermarché de Rieux, dans le Morbihan, qui a mis en place les solutions Phenix pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Un accompagnement clé !

Les magasins de la grande distribution poursuivent les initiatives pour réduire le gaspillage alimentaire. Ces démarches anti-gaspi fleurissent en collaboration étroite avec des start-up actrices du changement comme Phenix. Nous avions d’ailleurs déjà rencontré deux autres magasins qui font appel à la société pour les accompagner dans leur démarche anti-gaspi : le Super U de Brest et le E.Leclerc de Chateaubriant.

Pour mener ce combat de front, les magasins font appel à des prestataires : « Lutter contre le gaspillage alimentaire n’est pas notre cœur de métier », reconnaît Hervé Bertin, l’adhérent de l’Intermarché de Rieux, dans le Morbihan. Dans son magasin, l’adhérent a pris plusieurs mesures, épaulé par Phenix, pour réduire et recycler les produits initialement destinés à finir dans la benne à ordures.

« On est arrivé au bout du système de la société de consommation. La grande distribution se doit d’être responsable et de se prendre en main ».Hervé Bertin, adhérent Intermarché Rieux

D’un projet d’enseigne à des actions locales

La grande distribution a pris le combat contre le gaspillage alimentaire à bras le corps : « on est arrivé au bout du système de la société de consommation », explique Hervé Bertin, tout en reconnaissant les nombreux efforts des magasins pour répondre à cette problématique, « la grande distribution se doit d’être responsable et de se prendre main », assure-t-il.

Au sein de l’enseigne, le sujet est pris au sérieux. Des comités de pilotage sont organisés sur les questions de la RSE : « on participe à des réflexions dans le groupement des Mousquetaires à travers un pôle spécifique qui travaille sur ces questions-là », précise l’adhérent à la tête du supermarché depuis 6 ans, tout en ajoutant que « ces réflexions appartiennent au bon sens ».

Mais face à ce projet de société, le combat est surtout local : « à notre échelle, on travaille sur la réduction des déchets de toutes sortes, à commencer par les déchets alimentaires », explique l’adhérent de l’enseigne des Mousquetaires.

Dans son magasin, le chef d’entreprise a mis en place une zone dédiée anti-gaspi, une zone clairement identifiée et mise en valeur pour permettre aux clients de facilement la repérer. Située à proximité des rayons traditionnels, son emplacement est stratégique pour faciliter la vente des produits : « nous avons choisi un lieu de passage très fréquenté », reconnaît l’adhérent.

Le meuble réfrigéré reçoit les produits préalablement identifiés et stickés à dates courtes. “Phenix a mis l’étiqueteuse à la disposition du magasin et a formé les équipes à son utilisation.

Chaque mois, les ventes des produits stickés sont analysées et Phenix nous fait des recommandations pour améliorer la vente des produits, par exemple en ajustant les taux de réduction par rayon.” précise l’adhérent.

En plus du stickage et de l’emplacement anti-gaspi dédié, le dispositif est complété par du don aux associations : « Avant, une association passait seulement une fois par semaine », regrette l’adhérent, « Grâce à Phenix, les passages sont plus nombreux en semaine : les Restos du Coeur passe une fois, la Croix Rouge passe trois fois, complétée du passage d’une épicerie sociale, soit une association chaque jour », précise Hervé Bertin.

Un accompagnement sur-mesure pour réduire la casse

Sur le plan chiffré, l’adhérent reconnaît l’efficacité d’un prestataire extérieur : « Sur 15 000 euros de produits bipés en casse (ndlr : sur un mois), on en a vendu l’équivalent de 9 000 euros en produits stickés et 4 000 en dons », démontre l’adhérent. Soit une valorisation par le stickage à hauteur de 50% et 30% par le don. Le reste étant cette fameuse « casse incompressible » difficile à éviter.

Toutefois, cette démarche ne serait possible sans un accompagnement sur-mesure : « Le point fort c’est l’accompagnement de Phenix », assure Hervé Bertin.

Considéré comme partie intégrante de l’équipe, le rôle du coach chez Phenixest une fonction clé : « Nous sommes là pour accompagner les équipes », commente Mathias, coach pour Phenix en charge de l’Intermarché de Rieux. « Notre coaching commence par une formation de départ pour lever les réticences face à la venue d’un prestataire extérieur », commente-t-il. Le coaching se poursuit en accompagnant les collaborateurs « sur les bonnes pratiques en matière de don, en les sensibilisant à la démarche aussi bien pour les équipes, le magasin et les associations ». Une démarche bien perçue et bien accueillie.

La lutte contre le gaspillage alimentaire est un combat à long terme pour la grande distribution

Pour aller plus loin, l’adhérent ne compte pas s’arrêter là. Dans les projets en cours, l’adhérent souhaite maintenir la pression sur la gestion des rayons en amont. « C’est un travail long et difficile, car cela nécessite de rentrer dans chaque détail ». Côté gestion de rayon, les collaborateurs travaillent « en réappro automatique », une solution efficace qui nécessite néanmoins « de parfois vérifier les commandes proposées ».

Pour aller au bout de la démarche, l’adhérent souhaite à l’avenir réduire davantage son coût de traitement des déchets et renforcer l’accompagnement des équipes pour les sensibiliser aux démarches RSE : « C’est un travail quotidien pour maintenir notre valorisation des invendus à 80% ».

Si le zéro casse demeure impossible, la démarche entreprise par le magasin montre à quel point la grande distribution est de plus en plus sensible aux enjeux sociétaux. Cependant, la responsabilité de la grande distribution n’est pas unique pour lutter contre le gaspillage alimentaire, « les industriels ont aussi un rôle à jouer », conclut l’adhérent.