Comment gèrent les magasins concernés par le couvre-feu

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

Les récentes annonces sur le couvre-feu en France a des airs faux-airs de mars dernier. Une époque si lointaine et si proche en même temps qui imposent aux magasins de s’organiser. Avec la peur de nouvelles contaminations, le fantôme du confinement n’est pas très loin. Les salariés s’inquiètent.

La seconde vague de contamination tant annoncée est là. Si le gouvernement attache de l’importance à ne pas confiner le pays une nouvelle fois – conséquence qui serait dramatique pour l’économie -, il prend la décision d’annoncer des couvres-feu dans les départements concernés par une hausse des cas.

« L’heure est grave dans le pays, cela nécessite de prendre des mesures supplémentaires », annonce d’ailleurs le porte-parole du gouvernement devant les bilans qui s’alourdissent et qui inquiètent les autorités.

Au total, à partir de samedi 54 départements passent sous couvre-feu de 21 heures à 6 heures. Cela représente 46 millions de Français, soit près de 7 habitants sur 10. Sur la carte,, seul le grand Ouest semble épargné par les décisions

Attestation employeur, nouveaux horaires : les magasins s’organisent

Du côté des magasins, le couvre-feu a nécessité quelques modifications dans les organisations. Rien de bouleversant en somme. Les magasins ajustent leurs horaires en fonction des directives.

En somme, rien de nouveau sous le soleil. Les décisions sont évidemment appliquées : « on ferme à 21h au lieu de 21h30 », précise ce responsable d’un commerce de centre-ville, « on s’assure aussi que tous les salariés aient une attestation de déplacement en sortant du magasin à 21h ». 

Pour les lèves-tôt, la pratique est la même : « des justificatifs de l’employeur ont été distribués à tous ceux qui commencent à 5h », explique cette employée.

Du côté des horaires, certains magasins anticipent et décident de fermer plus tôt qu’à l’habitude : « on ferme le magasin à 20h30 au lieu de 21h pour que tout le monde soit rentré avant 21h et on refuse toute entrée dans le magasin à 20h », indique ce responsable de magasin, « en revanche, on ouvre à 8h au lieu de 8h30 ». 

Côté chiffres, malgré la crainte d’un manque à gagner les conséquences sont moindres. Une étude du cabinet Nielsen précisait que les ventes à 21h restaient marginales et ne représentaient que 1 à 2% du chiffre d’affaires. Le vrai pic de consommation se situait davantage sur le créneau de 19-20h.

Une situation qui inquiète les salariés de la grande distribution

Difficile de ne pas faire le parallèle avec mars dernier lorsque le président a annoncé le confinement généralisé pour l’ensemble de la population. Les décisions récentes, couplées au bilan des contaminations, provoque de nombreuses questions.

La propagation du virus suscite l’inquiétude parmi les effectifs qui redoutent une recrudescence de la pandémie : « depuis une semaine, on redouble de vigilance sur le respect des gestes barrières », indique ce responsable de magasin qui précise que « le port du masque est respecté de tous, mais il est nécessaire de rappeler les distances de sécurité, l’invitation à désinfecter les caddies, à respecter le marquage au sol », choses que les clients « ne faisaient plus systématiquement ».

Enseigne

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.