4 prévisions sur la fin d'année auxquelles la grande distribution doit s'attendre

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

L’année 2020 au sein de la grande distribution restera dans les mémoires. La crise sanitaire aura eu des répercussions inattendues et accéléré un secteur en pleine transformation.

Difficile de savoir de quoi sera fait demain. De toute évidence, l’année 2020 restera dans les mémoires des distributeurs. Même les meilleurs panélistes se voient troublés pour analyser de quoi sera fait le futur de la grande distribution.

Cette année, difficile d’imaginer comment vont s’enchaîner les deux prochains mois. Sous fond de propagation du Covid19, les prévisions restent encore très incertaines. Les opérations commerciales de cette rentrée, la Foire aux Vins ou encore les opérations beauté ont déjà un goût d’inachevé.

Dans ce lot d’incertitude, c’est le consommateur final qui aura la décision. Les habitudes de ces derniers ont profondément été modifié depuis la crise sanitaire.

Voici 4 prévisions sur la fin d’année auxquelles la grande distribution doit s’attendre.

Les achats de Noël anticipé

Carrefour a déjà annoncé la couleur cette année. Quasi trois mois avant Noël, le 10 octobre, l’enseigne a édité les fameux et attendus catalogues de Noël. Un record. Que ce soit dans les catalogues ou dans les allées des magasins, jamais les jouets de Noël n’auront été précoces dans leur installation.

En vérité, cela n’a rien d’anodin.

Les années passées, c’était le Black Friday de fin novembre qui augurait la saison de Noël. Cette année, c’est le grand bouleversement. Noël sera un événement stratégique pour les distributeurs pour clore une année inédite dans le petit monde de la consommation.

Les achats en ligne seront la norme

C’est une certitude, les achats en ligne seront la norme dans les semaines qui viennent. En conséquence, ça risque fort de s’agiter dans les sites drives des magasins. Le commerce en ligne pour l’alimentaire a en effet littéralement explosé pendant la crise sanitaire, et, mieux encore, il a su fédérer de nombreux nouveaux consommateurs aux services.

Le commerce en ligne sera d’autant plus fort qu’il sera un moyen de contourner les traditionnelles allées bondées des fameux samedis de décembre, temps forts habituels de la période.

Mieux encore, les réservations en ligne seront également de la partie. Pour les achats non possibles sur les sites des enseignes, certains magasins initient la possibilité de mettre à disposition des sites de réservation pour les rayons traiteurs et autres produits de location. (Nous aurons l’occasion d’y revenir dans les semaines qui viennent)

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Une chute du trafic en magasin

C’est la mécanique logique. S’il y a plus de commandes en ligne alors les magasins vont se vider. 

C’est la grande crainte des distributeurs et pas uniquement les magasins alimentaires. Les centres commerciaux, les magasins de centre-ville risquent de vivre des journées sombres. Les préoccupations des clients suite au Covid19 et la crainte d’une contamination vont avoir raison des commerces qui misent pourtant beaucoup sur les fêtes pour redresser la barre.

Toutefois, si les visites en magasin sont moins nombreuses, ces dernières pourraient être davantage réfléchies et organisées. 

La livraison de colis va montrer ses limites

Fort d’une croissance presque exponentielle, l’agitation risque d’être à son paroxysme dans les entrepôts.

L’année passée déjà (et ce même depuis plusieurs Noël), de plus en plus de clients reçoivent leur colis commandé à Noël après les périodes de fêtes, la faute à un système en panne et une exigence logistique que même les grandes enseignes n’ont pu corriger à temps.

Cette fin d’année 2021 suscitera autant d’inquiétudes du côté des logisticiens. Les consommateurs se rendent de plus en plus compte des fragilités du système et les forts volumes attendus cette année vont pousser les consommateurs à faire leur commande encore plus tôt.

Une étude américaine annonce déjà que «potentiellement 700 millions de cadeaux risquent de ne pas arriver à temps pour les fêtes ». En cause, des capacités de livraisons qui risquent d’être largement dépassées.

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Sans tirer de conclusion parce que les mois qui viennent demeurent à l’évidence très incertains, les prochains mois vont annoncer de quoi sera fait 2021. Sans aucun doute, il y aura des leçons passionnantes à retenir de cette année, assurément inédites pour l’économie et la consommation. 

Enseigne

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.