« La robotique va transformer la GMS comme l'électricité a transformé l'industrie » : Lucas Goumarre, fondateur de Korben

« En GMS, le nettoyage est toujours la porte d'entrée dans les discussions commerciales. »
« La robotique va transformer la GMS comme l'électricité a transformé l'industrie » : Lucas Goumarre, fondateur de Korben

Il a 37 ans, il est pharmacien de formation, et il vend des robots à la grande distribution. Lucas Goumarre, CEO et co-fondateur de Korben, ne correspond pas au profil attendu d'un entrepreneur de la robotique. Pourtant, en à peine un an et demi d'existence, sa startup a déployé plus de 200 robots dans les GMS, les EHPAD, les entrepôts logistiques et plusieurs secteurs industriels. Rencontre sur le podcast avec un entrepreneur qui voit dans la robotique de service une rupture comparable à l'arrivée de l'électricité dans l'industrie.

De la télémédecine aux robots de rayon

Avant Korben, Lucas Goumarre a co-fondé Tessan, une startup de cabines de télémédecine destinées aux pharmacies situées en déserts médicaux. Un univers B2B, avec de la tech, dans un marché pas encore mature. La même équation, finalement, que la robotique.

C'est le Covid qui fait le lien entre les deux aventures. « En Chine, vu qu'ils ont eu des confinements très sévères, ils ont développé dans les immeubles, dans les malls, des robots de nettoyage. Il fallait bien nettoyer, il fallait bien livrer les courses à des gens qui étaient coincés dans leur immeuble. Ça a été le premier essor de la robotique de services. »

Ce qui frappe Lucas Goumarre, c'est que ces robots sont restés après la levée des restrictions. « La Chine a des problématiques communes avec l'Europe. Une des principales, c'est la pénurie de main-d'œuvre due à une démographie qui diminue. Il se trouve que l'Europe est un continent vieillissant. Donc la pertinence était assez évidente de dupliquer ce qui se passait sur le continent européen. »

Il relève aussi la différence d'approche entre la Chine et les États-Unis. « L'industrie de la robotique américaine a fait le pari de directement passer sur l'humanoïde. Alors que le monde de la robotique chinoise a fait le pari de dire : on va faire ça par fragments, on va d'abord lancer des robots de nettoyage, des robots d'accueil. Je crois plus à cette vision fragmentée du développement. »

Korben s'inscrit dans cette philosophie : une gamme complète de robots de service, nettoyage, transport, accueil, sécurité, humanoïde, avec une différenciation majeure : un logiciel 100% français, développé en interne et conforme au RGPD. « Ma question et mon obsession, c'est : quelle est la valeur ajoutée de passer par Korben plutôt que par un revendeur qui fait de l'achat-vente de robots ? »

200 robots, zéro emploi supprimé

La première objection que Lucas Goumarre entend, avant même la question du prix ou de l'utilité, c'est celle des emplois. « C'est vraiment la question première, avant même la rentabilité, parce qu'il y a une conscience, une forme de conscience. »

« J'ai vendu 200 robots. J'ai eu près d'une centaine de clients. Il n'y a pas eu un seul emploi de supprimé. Il n'y a pas eu un seul intérimaire qui a été arrêté. Ils embauchent même. »

Pour lire la suite de cet article, vous devez vous connecter