Fruits et légumes en avril : les conseils pour ne rien laisser sur la table

Fruits et légumes en avril : les conseils pour ne rien laisser sur la table

Avril est une charnière. Le rayon fruits et légumes sort de l'hiver, les couleurs reviennent, et le client recommence à vraiment regarder. Pour Stéphane Paul, consultant et formateur spécialisé en grande distribution, c'est le mois qui révèle le niveau d'une équipe. « Un bon rayon en avril, ça se voit tout de suite », dit-il. Mais c'est aussi celui qui ne pardonne pas l'approximation.

La première rupture à opérer, c'est mentale. On ne remplit plus le rayon pour être tranquille. « On travaille en flux client », insiste Stéphane Paul. « Tu sors les produits, tu les remets en avant, tu travailles. Toute la journée. C'est plus exigeant qu'en hiver. Mais c'est là que tu fais ton chiffre. » Les pôles primeurs (asperges, pommes de terre nouvelles, radis, carottes bottes) ont toute leur place en avril, à condition d'être entretenus en continu. « Un pôle sans passage régulier ça ne vaut rien. Le produit s'affaisse, la présentation se dégrade, et le client passe sans s'arrêter. »

La salade et l'asperge, baromètres du rayon

Parmi les marqueurs de fraîcheur, un produit domine tous les autres : la salade. « C'est la bijouterie du rayon toute l'année », affirme Stéphane Paul. « À n'importe quelle heure de la journée, elle doit être turgescente, propre, fraîche. Le client arrive, il regarde les salades sans s'en rendre compte. Si elles sont belles, il fait confiance à tout le reste. Si elles sont molles, c'est terminé. » Une salade avachie ne pénalise pas seulement sa propre vente, elle plombe la perception de l'ensemble du rayon, même si les asperges ou les radis voisins sont irréprochables.

L'asperge est le produit phare d'avril. Ce que beaucoup d'équipes sous-estiment, c'est la nature de l'achat : il est majoritairement spontané. « Le client ne vient pas avec l'intention d'en acheter. Il les voit, il est tenté, il achète. Ou il ne les voit pas, et tu passes à côté. » Une tête de gondole bien travaillée sur les asperges peut représenter jusqu'à 2 % du chiffre d'affaires de la semaine. Ce n'est pas un produit que l'on place passivement en rayon.

Pour évaluer la fraîcheur rapidement, deux tests suffisent. Premier réflexe : casser une tige. « Si ça casse net, comme du verre, c'est frais. Si elle plie, elle a du vécu. » Second test, plus précis encore : gratter légèrement la base. « Si de l'eau perle, c'est ultra frais. Dès que la base est sèche et terne, tu as de la casse garantie avant la vente. » Sur les conseils au client, la distinction entre variétés est un levier de vente sous-exploité. La blanche, qui n'a jamais vu le soleil, offre un goût doux et une texture fine. La violette, légèrement exposée en fin de pousse, est plus sucrée et fruitée. La verte, cultivée en pleine lumière, développe un goût plus puissant et herbacé. « Quand tu maîtrises ça, tu ne vends plus un produit, tu crées du chiffre et tu le fidélises. »

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