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# Brets et la chip sucrée ou comment un pari contre-intuitif est devenu un carton
- URL: https://www.jebosseengrandedistribution.fr/2026/10/22/brets-et-la-chip-sucree-ou-comment-un-pari-contre-intuitif-est-devenu-un-carton/
- Published: 2026-10-22T15:13:59.000Z
- Updated: 2026-10-22T15:37:41.000Z
- Description: « Personne n’attendait Brets sur les chips sucrées : prévu à 100 tonnes, le pari breton en écoulera 650 cette année. »
- Author: Jonathan Le Borgne
- Tags: Conso

On connaissait [Brets](https://www.jebosseengrandedistribution.fr/2026/03/16/brets-2026-huit-nouvelles-saveurs-pour-confirmer-un-leadership-sur-le-rayon-chips/) pour ses chips salées, fierté bretonne et outsider face aux géants américains. Personne n’attendait la marque sur le terrain du sucré. Et pourtant, avec sa chip de froment déclinée en saveurs de **crêperie**, Brets a créé l’un des lancements les plus inattendus du rayon biscuit. **Prévue à 100 tonnes, la gamme en écoulera 650 cette année, bridée par la seule capacité du fournisseur.** Nous avons rencontré [Laurent Cavard](https://fr.linkedin.com/in/laurent-cavard-b008a216), PDG d’Altho (marque Brets), sur le salon du SIAL, pour revenir sur ce pari osé.

## **Une trouvaille née d’un accident d’innovation**

L’idée n’était pas au programme. Elle a surgi au détour d’expérimentations sur un autre produit. « Chez Brets, on adore faire de l’innovation. Quand on a fait nos chips de légumes, on a testé un tas de produits sur notre friteuse sous vide. En particulier, on a testé des crêpes de froment passées en friteuse sous vide, ce qui donne une texture sympathique. On s’est retrouvés avec ce produit-là. »

Restait une hésitation de taille : la légitimité. **Persuadée que son métier était le snack salé, la marque a d’abord proposé l’idée à un industriel, avant de se lancer seule faute de réponse.** « On s’est dit que la marque Brets n’était pas légitime à faire ça. On a proposé ce produit à un industriel en disant que pour sa marque, c’était vachement mieux. Il n’a pas donné suite. C’était la fin du Covid, c’était compliqué. On s’est dit : on va prendre le risque de le lancer par nous-mêmes. » Les tests marketing ont tranché. « Le consommateur nous a dit : c’est des chips, c’est la marque Brets, et c’est légitime dans le rayon biscuit. »

La recette est simple : une chip de froment découpée et frite par un industriel breton, que Brets passe en friture et aromatise. **L’aromatisation, spécialité de la maison, décline des saveurs typiques de crêperie : beurre sucre, sucre citron, fruits rouges et caramel au beurre salé.**

## **Un carton qui dépasse toutes les prévisions**

Le succès a pris la marque de court. « On a peut-être trop joué petit bras, parce qu’on a fait des prévisions de vente et qu’on les a explosées. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes. « À l’origine, on partait sur une prévision de 100 tonnes de vente annuelle. Cette année, on va être à 650 tonnes, sachant qu’on est bridés par la capacité de notre fournisseur. »

Le risque industriel, lui, avait été habilement limité. **En s’appuyant sur un outil de production déjà existant, la marque a pu tenter le coup sans engager de lourds investissements, concentrant ses efforts sur la communication.** « On avait fait un truc intelligent : on avait déjà un outil industriel qui existait. Par contre, on a passé beaucoup de temps sur la communication, en essayant d’avoir un ton un peu décalé sur les réseaux sociaux. »

## **Le pari du tout-réseaux sociaux**

C’est là que se joue la vraie signature du lancement. Brets a fait le choix d’abandonner les médias traditionnels au profit du digital et de l’événementiel. **Affichage dans le métro, lancement lors d’un match du RCV rebaptisé avec humour, et surtout une présence assumée sur les réseaux plutôt qu’en publicité classique.** « On a fait le pari de le faire vraiment sur les réseaux sociaux et pas de la com-média. Je pense que c’est dépassé. Je vois la manière dont interagissent mes propres enfants : la télé, à part Netflix à la limite, ça ne marche plus vraiment. »

La marque bénéficie surtout d’un actif rare : une communauté organique qui relaie ses innovations sans contrepartie. **Une communauté de « Brets lovers » s’est créée, transformant chaque sortie de produit en événement, avec des youtubeurs et influenceurs qui en parlent sans être rémunérés.** « Il y a toute une communauté qui s’est créée, liée à une attente sur l’innovation de nos produits. Quand ils arrivent sur le marché, c’est une sorte d’événement, il y a des soirées innovation qui se créent. » Laurent raconte une anecdote révélatrice de ce rayonnement, jusqu’au Japon. « Hier soir, à mon hôtel, il y avait quatre Japonais avec quatre paquets de chips Brets. Ils m’ont dit que c’était les meilleures chips au monde. Je leur ai dit : malheureusement, c’est trois fois plus cher au Japon. »

Mais pour Laurent, tout repose d’abord sur un socle non négociable. **Avant la communication, c’est la qualité du produit plaisir qui fait le succès, le reste venant l’alimenter.** « Ça s’est fait au fil de l’eau, et d’abord sur la qualité du produit. On est sur un produit plaisir, c’est un truc sur lequel on n’a jamais transigé. »

## **Stabiliser avant de grandir**

Pour l’année à venir, Brets change de braquet : priorité à l’exécution plutôt qu’à la nouveauté. **Plutôt que de lancer de nouvelles références sucrées, la marque veut d’abord mieux servir un marché qu’elle a dû contingenter faute de capacité.** « On va essayer de stabiliser la gamme. On a été obligés de mettre des contingents sur les ventes à cause de la demande. C’est une bonne maladie, mais ce n’est pas terrible de manquer des ventes, surtout sur un nouveau produit qu’il faut installer sur le marché. » L’objectif est clair : « Rétablir une bonne supply chain, un bon taux de service. Après, on verra si on peut étendre les années suivantes. »

Sur les chips de pommes de terre, en revanche, l’innovation continuera. Une belle démonstration, au passage, qu’une PME française peut encore surprendre et bousculer les géants américains sur leur propre terrain.