Non, ce magasin n’a pas augmenté les prix de ces pommes de terre

Jonathan Le Borgne
Jonathan Le Borgne

La photo a été relayé plusieurs milliers de fois sur les réseaux sociaux. Partagée par la page Facebook les agriculteurs de France, cette photo est censée démontrer que les magasins profitent de la crise sanitaire pour augmenter leur prix. 

Non, ce supermarché ne vend pas les mêmes pommes de terre cinq fois plus cher que début avril. Partagée plus de 3500 fois en moins de 24 heures, cette photo diffusée sur Facebook est censée prouver qu’un supermarché augmente ses prix et ainsi profiter de la crise sanitaire. Ainsi, selon l’auteur de cette photo, ce supermarché de Charente-Maritime, le Market de Pont L’Abbé d’Arnoult, facturerait ses pommes de terre à 7€50 le kilo contre 1€39 habituellement.

Dans les faits, les deux variétés sont très différentes explique le gérant du supermarché au sein de l’AFP. Le gérant explique également qu’il y a « une légère hausse des prix fournisseur » sur les fruits et légumes du fait d’une « baisse de la production ».

La photo est en effet trompeuse. les deux étiquettes comportent la même mention « pomme de terre primeur » mais ne correspondent pas au même produit à sur la direction du magasin.

Sur la première étiquette, le prix au kilo (1,39€) correspond donc à l’ancienne variété primeur, vendue jusqu’au 4 avril, affirme le gérant. La deuxième étiquette montre elle le prix (7,50€/kg) de pommes de terre de l’île de Ré, variété « qui est plus chère car c’est le début de saison et de sa petite production », selon la direction du supermarché.

Taulé sur les réseaux sociaux

L’accroche du poste a eu de quoi provoquer de la viralité sur Facebook : « Faites-leur de la pub : chez Carrefour, le prix au kilo des pommes de terre passe de 1,39€ à 7,50€ en une semaine… ». Les commentaires ne sont pas glorieux.

Qualifiés de « voleurs », de nombreux internautes appellent au boycott de l’enseigne et réclament une meilleure distribution des richesses aux producteurs.

Des hausses de prix surveillés de près par le gouvernement

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a quant à lui reconnu « augmentation » des prix de certains produits frais : «C’est vrai, je le reconnais, il y a sur certains fruits et légumes frais une forte augmentation » a-t-il déclaré mercredi 8 avril.

Cette hausse des prix s’explique toutefois selon lui par « une chose très simple » : « les produits qui venaient de pays européens dans lesquels les produits n’étaient pas forcément de la même qualité, désormais c’est des produits français », a-t-il déclaré.

Méfiance donc aux informations relayées sur les réseaux sociaux.

Source : AFP

Enseigne

Jonathan Le Borgne

Éditeur de Je Bosse en Grande Distribution. Passionné par la transition numérique des entreprises. Consultant, formateur et stratège en communication digitale pour la grande distribution.